De Fièvre et de Sang de Sire Cédric

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Titre : De Fièvre et de Sang

Auteur : Sire Cédric

Lecteurs du livre audio : Véronique Groux de Miéri, José Heuzé, Muranyi Kovacs et Hervé Lavigne

Nombre de pages : 457 ; Temps de lecture audio : 12h25

Première publication le 8 Mars 2010 chez Le pré aux Clercs (live papier) et chez Éditions VDB (livre audio) ; ISBN (livre papier) : 978-2-84228-373-5 ; Prix (livre papier : 18€ ; ISBN (livre audio) : 978-2-84694-890-6  ; Prix (livre audio) : 35€99

Couverture de Noord Compo pour le livre papier

Lectorat : Adultes

Genre : Thriller


Résumé de l’éditeur :

Une jeune fille se réveille entièrement nue et entravée sur un matelas couvert de sang. Elle sait qu’elle va mourir, toute tentative de fuite semble inutile. La douleur n’est rien en comparaison de la peur panique qui s’est emparée d’elle…

Le commandant Vauvert mène l’enquête en compagnie d’une profileuse albinos, Eva Svärta. Personnage excentrique et hors norme, Eva a un véritable sixième sens qui fait d’elle une redoutable traqueuse de l’ombre. Ensemble, ils vont tenter de remonter la piste d’un tueur en série qu’ils croyaient mort et qui a pour habitude de vider entièrement ses victimes de leur sang.
S’agit-il d’une réincarnation, d’un spectre, d’un homme, d’une femme, d’une créature d’un autre monde ?

Suspense, angoisse, horreur, sensations étranges, crises de démence, folie meurtrière, rite satanique…
Un thriller oppressant qui entraîne ses lecteurs au-delà de la raison.


Citation : (Chapitre 39, page 208, livre papier)

Eva serra les dents.

La douleur était insupportable.

Au-delà de tout ce qu’elle a jamais connu.

Elle a l’impression d’avoir des centaines d’hameçons plantés dans la chair de sa cuisse.

Pourtant, elle ne sait pas ce qui est le pire. Cette douleur-là, ou la perspective de ce qui suivra – ce qui suivra immanquablement.

Les cordes meurtrissent ses poignets. Ses bras tendus sont parcourus de crampes. Elle n’ose tirer sur ses liens, de peur de comprimer davantage ses veines.

Les yeux embués de larmes, elle laisse échapper une plainte de petit animal.

[…]

– Pitié…


Ma chronique :

C’est mon chéri qui m’a offert ce livre. Ça faisait plus d’une année que j’entendais parler de ce Sire Cédric et de ses romans tant aimés, alors j’ai voulu le lire et voir ce que ça donnait. Mais une fois le livre acheté, il a pris la poussière pendant deux bonnes années dans ma bibliothèque. C’est au retour des Imaginales 2014 que j’ai commencé De Fièvre et de Sang. J’ai croisé Sire Cédric lors de cet événement hors du commun et je lui ai fait dédicacer mon bouquin. Et sur la route du retour, dans la voiture, j’ai écouté la version audio du roman. Dès le début, j’ai adoré !

C’est difficile pour moi de vous parler du style de Sire Cédric vu que ce roman est le tout premier Thriller que j’ai lu. Du coup, je n’ai aucun élément de comparaison. Mais je peux vous certifier qu’il écrit d’une manière très fluide, adulte et compréhensive. Par là j’entends que son écriture est posée, que chaque mot est réfléchi et que les phrases deviennent un chant lugubre. C’est un délice de suivre les pensées de l’auteur ; de la détente pendant une histoire qui déboussole. C’est une douce dynamique pendant que le rythme effréné prend de l’ampleur de page en page, accompagné de chapitres plutôt court, qui donnent encore plus de d’énergie au récit. Ça vous prend dans l’histoire, vous accroche et ne vous lâche plus, même à la fin du livre ; à tel point que vous voulez relire l’auteur, et ce de suite. Vous vivez ce que vous lisez grâce à cette plume délicate. Sire Cédric a le don de vous faire entrer dans son monde, et pour ça, il n’a pas besoin d’écrire à la première personne. Non, c’est plus complexe que ça. Avec une narration à la troisième personne, il vous fait suivre l’histoire sous différents points de vue. Que ce soit avec les victimes ou avec la police, l’intensité ressentie est la même. Les dialogues, dans des livres classiques, coupent souvent les récits au point de vous faire perdre le fil. Ici, l’auteur vous fait percevoir les faits et gestes des personnages de la même façon que les paroles et les descriptions, en passant par une conjugaison au présent vraiment bien réfléchi. Et ceux, sans répétitions, sans vous perdre, au contraire ! Cette plume, SA plume est… extraordinaire.

J’ai à la fois lu et écouté ce roman. Souvenir des Imaginales 2014, j’ai passé deux heures trente dans la voiture sur le chemin du retour avec De Fièvre et de Sang. Au départ, c’était pour découvrir le début de l’histoire et pour voir ce que pouvait donner un livre audio édité ailleurs que chez Audiolib – qui pour moi est un mauvais éditeur audio (trop basique) ! Et bien dès la lecture du titre, j’ai été subjuguée ! Cette façon que cette maison d’édition, éditions VDB, a de vous mettre dans l’ambiance, ça vous happe et vous prend les tripes. Et croyez-moi, avec une histoire telle que celle-là, une fois que vous avez commencé le livre, vous ne le quittez plus. Ils ont inséré une musique d’ambiance qui colle parfaitement avec les scènes, les dialogues, les décors. Les actions sont réelles, vous les vivez ! Imaginez ce flic, oui, celui qui est dans l’ombre qui se cache en attendant que le suspect sorte de cette pièce. Imaginez-le, silencieux. Et d’un coup, bam bam bam ! Le suspect est là, il tire. Bam ! vous entendez les coups. Oh vous ne les imaginez pas, ils sont vraiment présents dans l’audio. Donc vous sursautez… Et il y a un autre point que je dois absolument signaler : ce n’est pas une seule personne qui lit le livre, mais plusieurs. Il y a 4 lecteurs dans cette audio, chacun étant la voix d’un des personnages. Et si un chapitre est basé sur l’un deux, c’est sa voix à lui qui est présente. Et du coup, ça parait encore plus vrai, comme si vous regardiez un film. Ça permet aussi d’éviter les « dit-il » ou « expliqua un tel », l’écoute s’en fait encore plus agréable. Ces lecteurs ont un don pour vous faire vivre le rythme et l’ambiance du roman. Ce que je veux vous dire, c’est que cette écoute a rendu le livre encore plus vivant que jamais !

Pour l’histoire, le premier chapitre vous met direct dans le bain avec un très bel enlèvement. Oh pas que j’aime ça, mais vous allez juste apprécier la façon dont c’est raconté. On commence le livre en beauté ! Dès le départ, Sire Cédric pose une tension qui va en crescendo. Ce n’est pas l’angoisse habituelle des autres livres qui est présente, ici, c’est dès les premières pages que vous êtes effrayés. Je n’ai pas l’habitude de parler des ambiances d’un roman au début de ma partie histoire, mais pour moi, c’est vraiment le point le plus intéressant, le mieux fait du livre. Durant tout le long de la lecture, on est happé. Des liens nous serrent les poignées, les chevilles ; un boule de tissu dans la bouche nous empêche de parler ; une corde autour du cou nous coupe la respiration… À plusieurs reprises, j’ai dû reprendre mon souffle, mais je ne me rendais pas compte de ce que je faisais subir à mon corps. C’est impressionnant ce que l’on peut ressentir en si peu de temps, comme si vous viviez vous même l’histoire, comme si vous étiez les personnages. Et vous n’êtes pas une seule personne, mais vous êtes tout le monde. Encore un point qui fait que ce livre est prenant : vous vous mettez à la place de tous les personnages ; tous, même les plus bénins s’imprègnent en vous. Je trouve ça éblouissant ! Ils dégagent une pure présence par une psychologie poussée. Je pense, pour ne pas dire que je suis sûre, que c’est en grande partie grâce au fait que Sire Cédric a le don de nommer ses personnages par leur prénom ET leur nom. Vous vous dites sûrement qu’au contraire, cela devrait les rendre plus impersonnel. Et bien non, et d’ailleurs j’en ai été la première étonnée, ils deviennent très proche de vous, comme si vous les connaissiez depuis longtemps ! Et alors, Eva Svärta et Alexandre Vauvert vous emmène dans l’enquête avec eux. Pour l’intrigue : je l’ai trouvé vraiment surprenante. Je me doute que Sire Cédric a passé du temps à la préparer, on sent vraiment un travail poussé. Et là, dans tout ce précieux travail, j’ai ressenti des vagues lumineuses qui sont arrivées à l’improviste. Dans ces moments là, l’histoire vole, les mots glissent, ça rajoute encore plus de fluidité. On sent que l’auteur laisse aller son imagination encore plus loin que ce qu’il avait prévu au départ. Et ces parties sont toujours retravaillées. Je me suis vraiment laissée guider par toutes ces parcelles d’histoires si prenantes ! Pour ce qui est de l’originalité du roman, je n’ose pas trop me prononcer, vu que je ne lis pas de Thriller, j’ai peur de dire une grosse bêtise, car je n’ai aucun élément de comparaison. Mais bon pour moi, il est clair que le style de l’auteur est originale, surtout dans sa façon de nommer ses personnages (mais ça, je l’ai déjà énoncé plus haut). Après, l’univers est le nôtre avec un soupçon de suspense, donc je ne pense pas que ce soit très original non plus. Mais par contre, ce qui l’a été fut un temps, qui l’ai très rarement maintenant et que Sire Cédric a su raviver d’une main de maître, c’est le côté Fantastique. Dans Fantastique, j’entends la véritable définition, celle de base : celle où le côté surnaturel fait vraiment flipper ! Et là, j’ai vraiment eu plaisir à revenir sur des points oubliés de tous. Je vais finir cette partie sur les décors, mais pour ça je vais me focaliser sur les scènes de crimes. J’ai vraiment adoré avoir la moindre goutte de sang qui s’est échappée du corps de la victime devant mes yeux, et cela accentué par une mise en scène des cadavres impressionnante. Sire Cédric a su détailler les lieux suffisamment pour que le lecteur voit ce qu’il imagine, mais aussi pour qu’il invente le reste. Vous visualisez vraiment tout, autant à la convenance de l’auteur qu’à la votre. Les autres lieux restent classiques, mais ceux-là précisément seront ancrés à tout jamais en moi.

En conclusion, je féliciterai Sire Cédric avec une énorme sincérité. Il a réussi haut la main à me faire découvrir et aimer un Thriller, alors que j’étais réticente à lire ce genre de livre.


Qualificatifs : Un maître, un don, pour un roman au réel à couper le souffle.

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