Le cabinet du Docteur Black par E.B. Hudspeth

le-cabinet-du-docteur-blackTitre : Le cabinet du Docteur Black

Auteur : E.B. Hudspeth

Nombre de pages : 196

Première publication le 25 Septembre 2014 chez les éditions du Pré aux Clercs ; ISBN  : 978-2-842285-68-5 ; Prix : 26€

Couverture de E.B. Hudspeth

Lectorat : Adultes

Genre : Beau livre/Documentaire/Article de presse/Fiction (il est une peu inclassable)


Citation :

« À ce moment, alors que la mort de notre père m’accablait d’une immense et lourde peine, je voyais Spencer, à ce moment précis, l’air exalté. Il bondit dans la tombe de mon père de tout son cœur, courant après la mort pour trouver sa cachette. »

Pourquoi avoir choisi cette citation ? Tout simplement pour que vous puissiez cerner le personnage de Spencer qui a perdu son père à 17 ans et qui était déjà un homme assez troublé. Les mots de cette citation ont été écrit par le frère de Spencer, Bernard.


Résumé de l’éditeur :

Nous sommes à la fin de l’année 1870 à Philadelphie. L’étrange docteur Black, un chirurgien controversé, fils d’un pilleur de tombes, travaille dans son bureau à la lueur d’une lampe à huile.
Il est l’auteur d’une étrange théorie qui fait frémir ses contemporains. Le Minotaure, les satyres, les chimères, les harpies, les dragons, Pégase, les sirènes… seraient en fait des créatures de chair et de sang qui auraient vécu sur terre avant la race humaine. Ils ne seraient ni plus ni moins que nos ancêtres.
Ce savant fou, étaye son travail à l’aide de planches anatomiques absolument incroyables qui démontrent au fil des pages l’improbable parenté entre les squelettes humains et ceux d’un fabuleux bestiaire fantastique.

La première partie de ce bel ouvrage est consacré à ses notes, son journal. Le docteur commente son travail , comment en étudiant sur les cadavres dérobés par son père, il a commencé à étudier l’anatomie puis à élaborer sa théorie. La seconde partie présente les planches dessinées de sa main. Un véritable codex des espèces animales disparues.
D’une précision confondante, les croquis de Spencer Black soulèvent un doute raisonnable. Et si c’était vrai ?

Le Cabinet du docteur Black aurait pu naître sous la plume d’Edgar Alan Poe. Cette histoire, un peu effrayante – a-t-on vraiment rêvé un jour de descendre des Chimères ? – se lit comme un roman d’aventures. On part à la recherche des espèces disparues comme Indiana Jones se lance à la poursuite de l’Arche perdue. On en ressort un peu étourdi mais heureux d’avoir vécu une expérience interdite.

 


Peu mot avant-garde :

Encore une fois, merci beaucoup aux éditions « Le près aux clercs » pour m’avoir permis de lire ce livre.


Le-cabinet-du-DR-Black-5Ma Chronique :

Quand j’ai vu la présentation de ce livre, j’ai de suite été séduite par la couverture et le résumé si intéressant. Alors je me suis empressée d’envoyer un mail aux éditions « Le pré aux clercs »  pour une possible réception de service presse. J’étais joie quand l’attachée-presse m’a répondu positivement. Une fois reçu, la première question que je me suis posée est celle-ci : ce livre est une fiction ou cet homme a-t-il vraiment existé ? Et jusqu’à la fin du livre, je me le suis demandée.

Ce livre est un relevé d’informations sur une personne qui se nomme Spencer Black. L’auteur, E.B. Hudspeth retrace sa vie à l’aide de coupures de presse, de lettres et de recueils et grâce au soutien du « Museum of Medical Antiquities » de Philadelphie. Et c’est à cause de ça que je doute de la possible fiction de ce livre ! Le musée est réel, mais l’homme l’est-il ? J’avoue que ça m’énerve de pas savoir, surtout après des recherches infructueuses. Enfin bref. Ce livre est donc une biographie qui retrace la vie du Docteur Spencer Black. Je trouve que l’auteur est resté très distant par rapport à l’homme qu’était Spencer. Son livre est écrit de façon très académique. C’est froid, sans sentiments de sa part. Il n’a fait que retranscrire ce qu’il savait. Mais alors pourquoi faire autant de recherches sur une seule personne si on ne fait que retaper ce que l’on sait sans prendre part aux faits ni donner son avis ? J’ai eu l’impression d’un manque d’intérêts de la part de Hudspeth alors que je suis certaine qu’il est « fan » de cet homme. Comment vous expliquer. Il étale la vie de Spencer sans en prendre part. Je trouve ça dommage. Attention, je dis pas que c’est mauvais, ou que c’est mal fait. J’ai bien senti en le lisant que c’était voulu, que ça rajoute à l’intrigue « réel ou non ? ». C’est jusque que pour moi, il ne va pas assez loin, autant dans ses recherches que dans ses explications. Après, il y a bien des zones d’ombres qui persistent étant donné que l’histoire se déroule il y a deux siècles, mais du coup, pourquoi ne pas en profiter pour donner son avis ? J’ai donc eu un souci avec la dynamique du récit. L’effet que j’ai ressenti en le lisant est que l’histoire était plate. En fait, il n’y a pas vraiment de dynamique. Mais elle est soutenue, fort heureusement, par un rythme de lecture intensif. Le recueil ne fait que 196 pages et il se lit très vite vu que les marges sont très larges et que le nombre conséquent d’écriture en italique grossit l’effet remplissage. Après, la mise en page correspond très bien au format lettres que Spencer et son frère s’envoyaient et au format académique. Donc c’est plutôt un point positif. Un livre qui se lit très vite et dont la mise en page correspond à l’idée que se fait l’auteur du récit. Et cette idée est aussi bien ressenti par le lecteur. Donc vous l’aurez compris, ce récit étant basé sur des correspondances et des articles de presse, les dialogues sont donc absents dans la totalité du livre. Mais tous ces détails relatent plus de la première partie du beau-livre. La seconde fait référence aux articles que Spencer à lui-même écrit, donc ses découvertes, ses recherches, ses folies (si je puis dire). Ce format là est moins académique, plus tourné vers un roman, vu que c’était ses publications officielles. Par contre, une chose m’a vraiment dérangée dans la mise en page : la numérotation des pages. Dans la première partie, elle se trouve en haut à droite, et dans la seconde, en bas. Je comprends très bien qu’on ai voulu montrer que ces deux récits sont bien séparés, mais tout de même ça m’a dérangé (et oui, je suis très titilleuse sur ce genre de choses, beaucoup me diraient que je râle pour rien, et c’est vrai).

Le-cabinet-du-DR-Black-2Je pense vous avoir déjà dit beaucoup de choses concernant le côté histoire du livre, je ne vais donc pas m’attarder une nouvelle fois dessus. Je vais juste rappeler que pour moi, le sujet n’est pas assez approfondi. Et encore une fois, je dis bien POUR MOI, parce que pour d’autre, il sera suffisant. J’ai une sensation de pas fini en moi. Après, je comprends parfaitement que l’auteur ai été limité par ses recherches vu qu’il voulait (très certainement) juste se baser dessus, ne rien inventer de plus. Et c’est tout à son honneur, je le salue même pour le travail qu’il a accompli. Mais là encore, j’ai un souci. J’ai appris grâce à l’attachée-presse du Pré aux Clercs que ce livre est belle et bien une fiction. UNE FICTION ! Alors pourquoi avoir fait ce choix de rester en retrait ? Mais encore une fois, ce n’est que MON avis, et encore une fois je me répète, désolée. Donc maintenant, vous savez tout comme moi que c’est une fiction, rien de tout ce qu’il y a dans ce livre n’est réel, ou peut-être un peu car certaines choses peuvent bien être expliquées, mais ce n’est pas réel. Donc du coup, l’originalité du récit est à son comble ! Oui, c’est très intéressant ; oui, c’est très intrigant ; oui, c’est impulsif comme idée ; et oui, ça vous prend les tripes ! Encore une fois, j’admire l’auteur par son choix de présentation, par son élaboration. Parce qu’il fallait l’oser de rester si distant, surtout après toutes ses recherches qu’il s’invente ! Bravo ! Il a réussi à faire douter les lecteurs (oui, parce que je suis pas la seule lectrice à avoir douté de la véracité de l’hisotire) avec sa plume que je nommerais « transparente ». J’en viens donc à présenter les deux personnages principaux. On a bien sûr Spencer Black, le héros, qui est dès sa jeunesse une personne un peu folle, qui a des convictions bien posées, et il faut y aller pour l’en faire douter. Je parle aussi vite fait de son frère, Bernard, qui voit comme nous Spencer devenir de plus en plus fou et se retrancher dans son mutisme au fil des années. D’un côté, j’admire cet homme de la classe qu’il a eu en écoutant Spencer. Il est resté si fidèle malgré tout… Le gros point que je veux vraiment faire remonter sur ce livre, c’est sans nul doute l’ambiance. Dès le départ, durant toute l’histoire, quand j’ai lu chaque mot, j’ai ressenti un réel malaise. Il existe un très gros côté dérangeant ici, que ce ne soit dans la façon d’écrire, dans les lettres, dans les propos que Spencer recevait de ses « ennemis », dans les illustrations, dans l’histoire. En fait, dans absolument tout, je me sentais vraiment très mal-à-l’aise. Et je rabâche, le fait qu’on ne sache pas si le récit est réel ou non y a beaucoup, beaucoup, beaucoup joué. Ah et puis aussi, les lieux d’habitations dans lesquels Spencer vivait, ou même où il travaillait, ou encore où il allait ont intensifié ce sentiment de malaise.Le-cabinet-du-DR-Black-3Je vous parle ici des illustrations en dernier qui démontrent parfaitement la folie de Spencer. Il a réussi sur certain dessin à me faire douter de l’existence de quelques êtres, et ceux, juste grâce à des coups de crayons parfaitement maîtrisés et d’une précision impressionnante. Ça renforce tout simplement l’ambiance du récit. Un fois de plus, je salue le travail de l’auteur, j’aimerais savoir dessiner aussi précisément que lui. Tous les dessins sont en noir et toutes les pages sont agrémentés d’une sensation de vieux, jaunies par le temps. L’ouvrage est magnifique. Sans compter de la couverture rigide, à l’ancienne et du flyer noir montrant pour moi le plus beau dessin du docteur.

Voilà, vous l’aurez compris, j’admire l’auteur, mais je suis déçue par son choix de rester si loin de son récit. Mais après tout, s’il s’était montré moins distant, aurait-il réussi à rendre son histoire si réelle ?


Des qualificatifs ? Dérangeant, maîtrisé, réel ou irréel ?banniere-cabinet-du-docteur-black

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