Reviviscences de Maxime Morin et Anthony Lipari

Titre : Reviviscences

Auteur :  Maxime Morin ; Photographe : Anthony Lipari

Langue : Français – Langue originale : Français

Format : Papier – 166 pages

Publié le 15 Mai 2018 chez « Underground éditions »

ISBN  : 979-10-92387-74-2 ; Prix : 23€90

Couverture de Anthony Lipari

Lectorat : À partir de l’adolescent

Genre : Livre photo-texte – Biographie

Tome unique

Page internet de l’éditeur ICI


Extrait :

« Il n’y aura jamais de Nous. Lui est resté Il, tandis que Je n’est plus rien. Il y a eu un On le temps d’un soir. Tout juste m’a-t-il dit Tu. Pour moi, il avait l’image d’un Vous, et pourtant, celui-ci ne s’est révélé qu’un Ils.
Je ne suis même plus un Elle. Je suis un pronom impersonnel, une voix passive qui subit l’action. La passé est devenu un présent sans futur, j’étais un singulier imparfait, devenu pluriel à cause d’un faute d’accord. Une erreur de syntaxe. […] Je suis perdue, guère d’impératif, ma vie se conjugue désormais au conditionnel. Il n’y aura jamais de plus-que-parfait, la souffrance est mon nouvel indicatif. Et le désespoir mon attribut. »
Chapitre 10 : Mise en abîme ; Pages 50-51.

J’ai choisi cette citation parce que c’est la première que j’ai gardé dans un coin de ma tête. J’ai adoré la lire et je la relirais encore et encore.


Résumé de l’éditeur :

« Mon corps vit ses derniers instants, quand mon âme se remémore cette destinée hors du commun. Yeux fermés, sourire aux lèvres, j’ouvre mon esprit, et me laisse bercer de ces instants inoubliables.
Reviviscences tout autour de moi, je dois affronter des décisions qui ont bouleversé mon existence comme les mentalités. Des instants de joie aux grandes souffrances, éprouvés avec l’innocence de l’enfance. Dans l’attente du jugement.

Un livre photo-texte né d’une collaboration photographe auteur. Une multiplicité de genres littéraires mises en valeur par des photographies aux compositions singulières, incarnations de ces moments qui comptent. Le subtil équilibre du lisible-visible, qui vous désignera comme le témoin unique d’une personnalité en avance sur le temps comme sur la vie.« 


Petit mot avant-garde :

J’ai hésité à vous faire une chronique du genre : « Est-ce qu’il y a vraiment besoin de faire une chronique ? Ce livre est une pépite. Lisez-le ! ». Franchement, je n’ai pas forcément besoin d’en dire plus ^^. Alors, merci, du fond du coeur, aux éditions Underground pour cette merveille que vous m’avez offerte ! ❤


Ma chronique :

Biographie, poésie, théâtre, contemporain, romance, fantastique, fantasy, conte, horreur, suspense, angoisse, guerre, historique, je ne crois pas en avoir oublié, ils sont tous là. Ce livre est un assemblage de genres, de mots, de moments qui entourent toute une vie. Ce livre va vous pousser dans vos retranchements pour vous en faire sortir plus fort, plus grand. Ce livre va vous faire découvrir et aimer des choses que vous n’imagineriez même pas accepter. Ce livre n’est pas un livre, mais une présence dont vous ne vous lasserez pas.

« Magnifique », « Super fort en émotion », « Brio », « Encore une fois, c’est parfait », « Une prouesse » ! Ce sont tous les superlatifs que j’ai noté quand j’ai lu les pages du roman. Ceux-ci ne concernent pas en premier lieu l’histoire, mais bien le style d’écriture. J’ai été bluffée, durant tout le long du livre, par la plume que je pouvais lire et de l’aisance avec laquelle l’auteur en faisait ceux qu’il voulait. Il peut utiliser n’importe quel genre littéraire, il va savoir écrire de manière époustouflante et va vous transmettre toutes les émotions qu’il veut.
Sa plume est délicate même dans les actions les plus étouffantes. Elle reste fluide malgré les répétitions (qui sont toutes voulues). Elle permet une immersion totale. Je suis Moi ? Je suis Elle ? Je suis Elle et Moi ? Ou Moi et Elle ? Je suis qui pour juger ! Je suis qui pour prendre part au récit ! Je suis la correspondante ; elle le souhaite, elle veut que je le sois. Je suis l’attentionnée héritière de son histoire. Quand l’héroïne en racontait certains épisodes, j’étais Elle. Quand elle m’a parlé à la fin, j’étais l’enfant pendant quelques secondes, pour redevenir correspondante. Je me suis vue en elle. On peut tous s’y retrouver. On a tous vécu, ou on vivra tous, une partie de son histoire. Je ne lui donne pas de nom, tout simplement parce qu’elle n’en a pas. Une idée de génie qui fait que l’on se met à sa place sans même s’en rendre compte. On s’identifie au personnage, de façon subtile, pour en sortir et lui en vouloir quand elle prend des décisions qui ne nous plaisent pas. Et là, on réagit. Que penserai-je si j’étais à sa place ? Sûrement la même chose, que ça me plaise ou non. Et on reprend notre immersion. L’auteur se sert de vos sentiments pour vous imprégner d’Elle, afin que vous ne l’oubliez jamais.
Le mélange de genres ne vous paraît pas incohérent à l’histoire, l’auteur les utilise afin de vous immerger dans le récit d’une façon différente à chaque fois. Le contemporain, qui définit principalement la plume de l’auteur, va vous permettre de lire librement. Les mots vont glisser, les phrases vont s’additionner, et vous allez vite vous retrouver aux côtés de l’héroïne. Afin de la suivre dans son histoire, un style légèrement différent va parfois être ajouté au contemporain. Vous allez trouver des chapitres complets avec des figures de style changeantes, comme dans la citation énoncée plus haut ; ou encore comme dans le chapitre 19 : Pierre qui roule n’amasse pas mousse qui est garnie d’expressions que nous connaissons par coeur : « Oui je vivais de passion. Un coup de foudre qui nous avait pris tous les deux, Lui et moi, nous faisant voir la vie en rose. L’erreur est humaine dîtes-vous ? Non, il suffit de voir les choses en grand. L’espoir fait vivre, qui ne tente rien n’a rien, qui vivra verra. Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, la peur nous donnait des ailes, et nous avions faim de bonheur, les yeux plus gros que le ventre. Nécessité fait loi. Mieux vaut tard que jamais. » (p.90) ; ou encore d’autres choses et d’autres encore, que vous remarquerez au fil de vos lectures et qui vous apporteront un enseignement bien meilleur que celui que l’on nous donne en cours de français ou de philosophie. À cela vont s’ajouter un chapitre dont le genre sera le théâtre et un autre qui sera la poésie. Le premier m’a apporté un décors, des mouvements de lèvres, des haussements d’épaules, des exaspérations, des pas, des soupirs… Je voyais très bien la scène devant moi, c’était comme si j’étais dans un théâtre à regarder la pièce. Là, je me suis imaginée Elle : son visage, ses yeux, sa taille, ses cheveux, sa carrure. Pour le second, je suis nulle archi nulle en poésie ! Mais j’en ai très bien compris le sens principal ainsi que certains sens cachés. Et j’en ai raté, c’est sûr ! Mais c’était vraiment bien fait. Ce livre qui est une biographie va vous enseigner l’histoire : la seconde guerre mondiale, la politique, le mouvement hippie, comment il prend fin, et surtout la guerre du Vietnam. Vous ressortez avec une nouvelle connaissance que vous pouvez très bien utiliser aujourd’hui.
J’ai eu trois coups de coeur dans le livre, chacun correspondant à un chapitre. Le premier est consacré au chapitre 18 : Conte de fées. Il nous transcrit toute une période de l’héroïne sous forme de conte, de la fantasy pur. En plus d’être émouvant, vous y trouverez un château, une princesse, un chevalier, des dragons (ça ne peut pas être autrement), du romantisme, et une très belle morale. Ce chapitre est fait pour vous faire rêver. Le deuxième coup de coeur est celui qui a reçu le « Une prouesse ». Je ne donnerai pas le titre vu que je risque de vous gâcher la surprise. Mais il s’agit d’un cauchemar, tellement bien écrit que je ne me suis demandée qu’à la fin si c’était réel ou non. Je ne l’ai absolument pas vu venir. Et le troisième est dédié à l’épilogue, qui a tout simplement fait tomber mes toutes premières larmes pour un livre.
Les chapitres sont très courts et les pages se tournent très vite. Mais vous verrez, vous ralentirez votre lecture pour profiter entre un peu de la plume de l’auteur.

Je ne vais pas vous faire de partie spécialement dédiée à l’histoire. Je vous en ai dit beaucoup précédemment et vous en dire plus serait trop en dire. Et le résumé de l’éditeur est vraiment parfait. Je vous le remets ici :
« Mon corps vit ses derniers instants, quand mon âme se remémore cette destinée hors du commun. Yeux fermés, sourire aux lèvres, j’ouvre mon esprit, et me laisse bercer de ces instants inoubliables.
Reviviscences tout autour de moi, je dois affronter des décisions qui ont bouleversé mon existence comme les mentalités. Des instants de joie aux grandes souffrances, éprouvés avec l’innocence de l’enfance. Dans l’attente du jugement. »

Il y a un dernier point vraiment très important dans le livre. Un point sans lequel il n’aurait pu exister : les photographies.
Les photographies sont complémentaires à l’histoire. Les photographies font parties de l’histoire. Que vous les voyez comme les photos prises par le photographe, ou comme celles prises par l’héroïne, ou encore celles prises par vous-même quand vous être à Sa place, elles sont faites pour vous conter le récit. Elles sont présentes à chaque début de chapitres, mais elles vont avoir un double effet. Vous allez les regarder en lisant le titre du chapitre, et de nouveau en arrivant à la fin du passage. Vous allez y retourner afin de voir ce que vous avez raté, d’analyser l’image par rapport au récit que vous venez de lire. Le récit va éclairer l’analyse de la photo tout comme la photo va compléter le récit. L’un ne pouvant pas vivre sans l’autre.
J’ai remarqué des grains sur les photos qui m’ont d’abord rebutés. Mais au fur et à mesure de ma lecture, j’ai trouvé ça vraiment intéressant. Déjà parce que ça leurs donne un côté ancien temps, comme si elles avaient été imprimé à l’ancienne via les premières pellicules, ce que fait notre héroïne. Ensuite, ça m’a fait penser au bruit blanc, ce bruit significatif des vieilles télévisions cathodiques quand elles ne captaient pas et que vous aviez une image faite de points blancs et noirs avec ce bruit assourdissant. Le bruit blanc correspond parfaitement l’état mental de l’héroïne. Il va être très prononcé quand elle sera fâchée, triste, et moins présent quand elle sera heureuse. Mais il est constamment là. Tout comme tout ce qui lui pèse sur le coeur. Elle ne peut s’en débarrasser. Le fait que ces grains soient présents sur les images corrobore cette sensation de poids sur l’esprit.
Il y a une deuxième chose que l’on ne peut s’empêcher de remarquer : toutes les photos (hormis deux) ne représentent que des enfants. Je ne peux que faire le lien avec l’enfance de l’héroïne qui s’est arrêtée bien trop tôt. Cela se retrouve dans le récit, Elle ne prenant que des photos d’enfants. Elle a besoin de se voir à travers eux. Elle a besoin de leurs tristesses et de leurs joies. Elle a besoin d’eux.
Ma photo préféré est celle de la couverture (je ne vous dirais pas de quel chapitre elle est tirée, sans quoi, vous en saurez trop). Sur cette image, on aperçoit un enfant et un adulte devant un simple et magnifique paysage. Ce que j’aime, c’est que l’on ne sait pas ce que fait l’enfant. S’énerve-t-il contre l’homme ? S’accroche-t-il à son pantalon ? S’approche-t-il de lui afin de l’enlacer ? Joue-t-il ? Une multitude de questions qui représentent à la perfection le chapitre.
Les photos et le récit ne font qu’un.

J’arrive à la fin de ma chronique et je crois qu’il ne me reste que très peu de choses à vous dire. Je me suis demandé tout le long de ma lecture « Mais pourquoi les éditions Underground ont-elles décidé de publier ce livre ? Ça ne correspond pas à de la littérature de l’imaginaire, alors pourquoi ? ». Et la réponse est simple. Quand on a un coup de coeur, on a un coup de coeur. Et puis, Underground publie de la littérature alternative, et ce livre en est à cent pour cent.


Des qualificatifs ? Si fort en émotions !

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