La route de Cormac McCarthy

Titre : La Route

Auteur : Cormac McCarthy

Langue : Français – Langue originale : Anglais (États-Unis)

Format : Papier – Lu en poche

Publié le 20 Mai 2009 chez « Points »

ISBN  : 978-2757811610 ; Prix : 6€90 ; Nombre de pages : 256

Photo de couverture de Marion Ettlinger pour l’affiche du film « Dimension Film »

Lectorat : Adultes

Genre : Roman – Science-fiction/Post-apocalyptique

Tome unique

Page du livre sur le site de l’éditeur ICI


Citation :

« (…) Il chuchotait : Papa ? Qu’est-ce qu’il lui est arrivé ?
Il a été foudroyé.
On ne peut pas l’aider ? Papa ?
Non. On ne peut pas.
Le petit le tirait par sa veste : Papa ? disait-il.
Arrête ça.
On ne peut pas l’aider ?
Non. On ne peut pas l’aider. Il n’y a plus rien à faire pour lui.
Ils continuaient. Le petit pleurait. Il n’arrêtait pas de se retourner. Quand ils arrivèrent en bas de la côte l’homme s’arrêta et le regarda et regarda la route derrière eux. Le brûlé était tombé à la renverse et de loin on ne pouvait même pas dire ce que c’était. Je regrette, dit-il. Mais on n’a rien à lui donner. On n’a aucun moyen de l’aider. Je suis désolé de ce qui lui est arrivé mais on ne peut rien y changer. Tu le sais, hein ? Le petit gardait les yeux baissés. Il opina de la tête. Puis ils repartirent. Il ne se retournait plus. »

– Pages 50-51


Résumé de l’éditeur :

« L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres et de cadavres. Parmi les survivants, un père et son fils errent sur une route, poussant un Caddie rempli d’objets hétéroclites. Dans la pluie, la neige et le froid, ils avancent vers les côtes du Sud, la peur au ventre : des hordes de sauvages cannibales terrorisent ce qui reste de l’humanité. Survivront-ils à leur voyage ? »


Petit mot avant-garde :

Si vous voulez être bluffés, si vous en avez assez de ces romans qui ne vous satisfont pas, ou tout simplement si vous voulez autre chose, lisez ce roman !


Ma chronique :

Je suis là aujourd’hui pour vous parler du livre La Route de Cormac McCarthy. Ça ne va pas être une mince affaire. Je ne sais pas si je vais pouvoir vous transmettre toutes les émotions que j’ai ressenties en le lisant. Pour tout vous dire, je ne sais même pas si je vais pouvoir trouver les mots. Mais je vais essayer.

Quand vous vous plongez dans La Route, vous ne vous attendez pas du tout à ce genre de lecture. Vous êtes remplis de préjugés. Pas sur ce que pourrait être l’histoire – bien que l’on essaye toujours, même sans le vouloir, d’imaginer ce qui peut se passer – mais sur le format du texte lui-même. Pour nous lecteurs, quand nous commençons un livre, nous nous attendons à avoir des chapitres, des virgules, peu de répétitions. Quelque chose de bien structuré et dans les normes. Je vous dirais bien « Non, pas moi, je sais très bien que chaque auteur à son style et qu’un livre peut être différent des autres. » Et je ne suis sûrement pas la seule à vouloir dire ce genre de chose. Mais croyez-moi, même si nous savons qu’un livre peut être différent, même si nous savons que chaque auteur à son propre style, je vous promet que nous ne nous attendons pas du tout à celui de Cormac McCarthy ! Cet auteur casse tous les préjugés que vous pouvez avoir. Il ne se joue pas de vous comme feraient certains. Il utilise sa plume pour vous transporter dans son histoire, pour vous faire ressentir un maximum de chose. Cet auteur a un don incroyable !
Dans ce livre, il n’y a pas de chapitres, que des paragraphes, pas de pages blanches, pas de nom. Peu de virgules, des « et » partout et des répétitions à foison, pas d’introduction, un épilogue qu’il faut éplucher pour le comprendre – bien qu’il ne soit pas un épilogue -, beaucoup de phrases nominales. Pas de guillemets ni de tirets ni de retours à la lignes pour les dialogues, certains étant écrits en plein milieu des descriptions. J’en suis venue à me demander, si ce sont vraiment des dialogues, mais parfois plus des monologues. Le personnage principal pensent-ils qu’il parle vraiment ou parle-il vraiment ? L’impression est donnée qu’il parle à voix haute alors que les mots ne sortent pas forcément de sa bouche. Le contraste entre ce qui est vraiment dit en discussion et ce que le héros pense dire est très subtil. Ça s’ajoute à l’univers pesant et à la profondeur des personnages. Et ça démontre la qualité d’écriture de l’auteur.
Dans ce livre, il y a de la souffrance, de l’amertume, de la tristesse et du malheur. Des moments précieux de joie, de bonheur et des sourires. Englobés dans un condensé de malaises, de tension, de fatigue et de larmes.
En lisant ce livre, vous coupez votre respiration. Vous suffoquez. Vous vous mordez les lèvres à vous en faire mal. Vous stressez. Vous pleurez. Vous souriez, un peu. Vous profitez de chaque rare moment de bonheur. Pour ensuite vous mettre dans un état d’angoisse qui vous prend à la gorge.

Mais alors, que vaut l’histoire. Est-elle comme le style de l’auteur ? Toute aussi originale et cassante de préjugés ? Et bien elle est toute simple… en premier lieu : un père et un fils – qui ont survécu à l’apocalypse – vont marcher vers le sud afin d’échapper au froid du nord qui devient de plus en plus glacial en poussant un caddie. Alors oui, dans cette histoire, vous suivez un père et un fils qui marchent en poussant un caddie. Mais c’est bien plus profond que ça. Cette histoire de marche est là pour faire avancer les choses. C’est grâce à elle et au caddie que vous allez découvrir les personnages, ce qu’ils sont au fond de leur coeur, au fond d’eux, ce qui les définissent. C’est grâce à eux que vous allez vous y attacher. Sans eux, qui font office de décors, il n’y aurait pas de vie dans ce récit, pas d’attaches. Sans cette histoire de voyage, les personnages ne sont rien. Parce que c’est ce voyage qui a déterminé leur caractère.
Ces deux personnages sont tout ce que j’aimerais être s’il y avait une apocalypse de ce genre. Des personnes aimantes, courageuses, avec une envie de survivre extrêmement forte et un amour père/fils à couper le souffle. Mais cet amour ne devra en aucun cas être divisé par qui que ce soit. Il sera protégé à en mourir.
J’allais vous dire que certaines scènes sont très violentes dans le livre. Mais ce n’est pas de la violence telle que nous l’entendons dans le sens classique du terme. Ce sont des scènes qui sont tellement malaisantes que vous les ressentez de façon violente. Je me suis vraiment sentie très mal à l’aise après avoir lu certains passages. J’en retiens notamment un qui m’a fait pleurer et qui m’a donné mal au ventre. (Et j’ai très mal dormi la nuit suivante.) À savoir qu’il n’y a pas que la scène en elle-même qui m’a rendue si mal, c’est aussi le style d’écriture de l’auteur et l’ambiance ultra pesante qu’il a réussi à maintenir durant tout le long de son récit. Sans cette ambiance, si bien amenée, si bien installée et constamment présente, le livre aurait peu d’intérêt. Il faut dire que le paysage monotone, terne et oppressant ajoute à tout ce malaise une pointe de trouble supplémentaire.

Ce roman n’est pas un coup de coeur. Ce roman, c’est plus que ça ! J’en ai pris plein la tête ! Ce roman est un chef d’oeuvre. L’auteur a un don, tout simplement.


Des qualificatifs ? Malaisant, percutant, parfait.

Reviviscences de Maxime Morin et Anthony Lipari

Titre : Reviviscences

Auteur :  Maxime Morin ; Photographe : Anthony Lipari

Langue : Français – Langue originale : Français

Format : Papier – 166 pages

Publié le 15 Mai 2018 chez « Underground éditions »

ISBN  : 979-10-92387-74-2 ; Prix : 23€90

Couverture de Anthony Lipari

Lectorat : À partir de l’adolescent

Genre : Livre photo-texte – Biographie

Tome unique

Page internet de l’éditeur ICI


Extrait :

« Il n’y aura jamais de Nous. Lui est resté Il, tandis que Je n’est plus rien. Il y a eu un On le temps d’un soir. Tout juste m’a-t-il dit Tu. Pour moi, il avait l’image d’un Vous, et pourtant, celui-ci ne s’est révélé qu’un Ils.
Je ne suis même plus un Elle. Je suis un pronom impersonnel, une voix passive qui subit l’action. La passé est devenu un présent sans futur, j’étais un singulier imparfait, devenu pluriel à cause d’un faute d’accord. Une erreur de syntaxe. […] Je suis perdue, guère d’impératif, ma vie se conjugue désormais au conditionnel. Il n’y aura jamais de plus-que-parfait, la souffrance est mon nouvel indicatif. Et le désespoir mon attribut. »
Chapitre 10 : Mise en abîme ; Pages 50-51.

J’ai choisi cette citation parce que c’est la première que j’ai gardé dans un coin de ma tête. J’ai adoré la lire et je la relirais encore et encore.


Résumé de l’éditeur :

« Mon corps vit ses derniers instants, quand mon âme se remémore cette destinée hors du commun. Yeux fermés, sourire aux lèvres, j’ouvre mon esprit, et me laisse bercer de ces instants inoubliables.
Reviviscences tout autour de moi, je dois affronter des décisions qui ont bouleversé mon existence comme les mentalités. Des instants de joie aux grandes souffrances, éprouvés avec l’innocence de l’enfance. Dans l’attente du jugement.

Un livre photo-texte né d’une collaboration photographe auteur. Une multiplicité de genres littéraires mises en valeur par des photographies aux compositions singulières, incarnations de ces moments qui comptent. Le subtil équilibre du lisible-visible, qui vous désignera comme le témoin unique d’une personnalité en avance sur le temps comme sur la vie.« 


Petit mot avant-garde :

J’ai hésité à vous faire une chronique du genre : « Est-ce qu’il y a vraiment besoin de faire une chronique ? Ce livre est une pépite. Lisez-le ! ». Franchement, je n’ai pas forcément besoin d’en dire plus ^^. Alors, merci, du fond du coeur, aux éditions Underground pour cette merveille que vous m’avez offerte ! ❤


Ma chronique :

Biographie, poésie, théâtre, contemporain, romance, fantastique, fantasy, conte, horreur, suspense, angoisse, guerre, historique, je ne crois pas en avoir oublié, ils sont tous là. Ce livre est un assemblage de genres, de mots, de moments qui entourent toute une vie. Ce livre va vous pousser dans vos retranchements pour vous en faire sortir plus fort, plus grand. Ce livre va vous faire découvrir et aimer des choses que vous n’imagineriez même pas accepter. Ce livre n’est pas un livre, mais une présence dont vous ne vous lasserez pas.

« Magnifique », « Super fort en émotion », « Brio », « Encore une fois, c’est parfait », « Une prouesse » ! Ce sont tous les superlatifs que j’ai noté quand j’ai lu les pages du roman. Ceux-ci ne concernent pas en premier lieu l’histoire, mais bien le style d’écriture. J’ai été bluffée, durant tout le long du livre, par la plume que je pouvais lire et de l’aisance avec laquelle l’auteur en faisait ceux qu’il voulait. Il peut utiliser n’importe quel genre littéraire, il va savoir écrire de manière époustouflante et va vous transmettre toutes les émotions qu’il veut.
Sa plume est délicate même dans les actions les plus étouffantes. Elle reste fluide malgré les répétitions (qui sont toutes voulues). Elle permet une immersion totale. Je suis Moi ? Je suis Elle ? Je suis Elle et Moi ? Ou Moi et Elle ? Je suis qui pour juger ! Je suis qui pour prendre part au récit ! Je suis la correspondante ; elle le souhaite, elle veut que je le sois. Je suis l’attentionnée héritière de son histoire. Quand l’héroïne en racontait certains épisodes, j’étais Elle. Quand elle m’a parlé à la fin, j’étais l’enfant pendant quelques secondes, pour redevenir correspondante. Je me suis vue en elle. On peut tous s’y retrouver. On a tous vécu, ou on vivra tous, une partie de son histoire. Je ne lui donne pas de nom, tout simplement parce qu’elle n’en a pas. Une idée de génie qui fait que l’on se met à sa place sans même s’en rendre compte. On s’identifie au personnage, de façon subtile, pour en sortir et lui en vouloir quand elle prend des décisions qui ne nous plaisent pas. Et là, on réagit. Que penserai-je si j’étais à sa place ? Sûrement la même chose, que ça me plaise ou non. Et on reprend notre immersion. L’auteur se sert de vos sentiments pour vous imprégner d’Elle, afin que vous ne l’oubliez jamais.
Le mélange de genres ne vous paraît pas incohérent à l’histoire, l’auteur les utilise afin de vous immerger dans le récit d’une façon différente à chaque fois. Le contemporain, qui définit principalement la plume de l’auteur, va vous permettre de lire librement. Les mots vont glisser, les phrases vont s’additionner, et vous allez vite vous retrouver aux côtés de l’héroïne. Afin de la suivre dans son histoire, un style légèrement différent va parfois être ajouté au contemporain. Vous allez trouver des chapitres complets avec des figures de style changeantes, comme dans la citation énoncée plus haut ; ou encore comme dans le chapitre 19 : Pierre qui roule n’amasse pas mousse qui est garnie d’expressions que nous connaissons par coeur : « Oui je vivais de passion. Un coup de foudre qui nous avait pris tous les deux, Lui et moi, nous faisant voir la vie en rose. L’erreur est humaine dîtes-vous ? Non, il suffit de voir les choses en grand. L’espoir fait vivre, qui ne tente rien n’a rien, qui vivra verra. Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, la peur nous donnait des ailes, et nous avions faim de bonheur, les yeux plus gros que le ventre. Nécessité fait loi. Mieux vaut tard que jamais. » (p.90) ; ou encore d’autres choses et d’autres encore, que vous remarquerez au fil de vos lectures et qui vous apporteront un enseignement bien meilleur que celui que l’on nous donne en cours de français ou de philosophie. À cela vont s’ajouter un chapitre dont le genre sera le théâtre et un autre qui sera la poésie. Le premier m’a apporté un décors, des mouvements de lèvres, des haussements d’épaules, des exaspérations, des pas, des soupirs… Je voyais très bien la scène devant moi, c’était comme si j’étais dans un théâtre à regarder la pièce. Là, je me suis imaginée Elle : son visage, ses yeux, sa taille, ses cheveux, sa carrure. Pour le second, je suis nulle archi nulle en poésie ! Mais j’en ai très bien compris le sens principal ainsi que certains sens cachés. Et j’en ai raté, c’est sûr ! Mais c’était vraiment bien fait. Ce livre qui est une biographie va vous enseigner l’histoire : la seconde guerre mondiale, la politique, le mouvement hippie, comment il prend fin, et surtout la guerre du Vietnam. Vous ressortez avec une nouvelle connaissance que vous pouvez très bien utiliser aujourd’hui.
J’ai eu trois coups de coeur dans le livre, chacun correspondant à un chapitre. Le premier est consacré au chapitre 18 : Conte de fées. Il nous transcrit toute une période de l’héroïne sous forme de conte, de la fantasy pur. En plus d’être émouvant, vous y trouverez un château, une princesse, un chevalier, des dragons (ça ne peut pas être autrement), du romantisme, et une très belle morale. Ce chapitre est fait pour vous faire rêver. Le deuxième coup de coeur est celui qui a reçu le « Une prouesse ». Je ne donnerai pas le titre vu que je risque de vous gâcher la surprise. Mais il s’agit d’un cauchemar, tellement bien écrit que je ne me suis demandée qu’à la fin si c’était réel ou non. Je ne l’ai absolument pas vu venir. Et le troisième est dédié à l’épilogue, qui a tout simplement fait tomber mes toutes premières larmes pour un livre.
Les chapitres sont très courts et les pages se tournent très vite. Mais vous verrez, vous ralentirez votre lecture pour profiter entre un peu de la plume de l’auteur.

Je ne vais pas vous faire de partie spécialement dédiée à l’histoire. Je vous en ai dit beaucoup précédemment et vous en dire plus serait trop en dire. Et le résumé de l’éditeur est vraiment parfait. Je vous le remets ici :
« Mon corps vit ses derniers instants, quand mon âme se remémore cette destinée hors du commun. Yeux fermés, sourire aux lèvres, j’ouvre mon esprit, et me laisse bercer de ces instants inoubliables.
Reviviscences tout autour de moi, je dois affronter des décisions qui ont bouleversé mon existence comme les mentalités. Des instants de joie aux grandes souffrances, éprouvés avec l’innocence de l’enfance. Dans l’attente du jugement. »

Il y a un dernier point vraiment très important dans le livre. Un point sans lequel il n’aurait pu exister : les photographies.
Les photographies sont complémentaires à l’histoire. Les photographies font parties de l’histoire. Que vous les voyez comme les photos prises par le photographe, ou comme celles prises par l’héroïne, ou encore celles prises par vous-même quand vous être à Sa place, elles sont faites pour vous conter le récit. Elles sont présentes à chaque début de chapitres, mais elles vont avoir un double effet. Vous allez les regarder en lisant le titre du chapitre, et de nouveau en arrivant à la fin du passage. Vous allez y retourner afin de voir ce que vous avez raté, d’analyser l’image par rapport au récit que vous venez de lire. Le récit va éclairer l’analyse de la photo tout comme la photo va compléter le récit. L’un ne pouvant pas vivre sans l’autre.
J’ai remarqué des grains sur les photos qui m’ont d’abord rebutés. Mais au fur et à mesure de ma lecture, j’ai trouvé ça vraiment intéressant. Déjà parce que ça leurs donne un côté ancien temps, comme si elles avaient été imprimé à l’ancienne via les premières pellicules, ce que fait notre héroïne. Ensuite, ça m’a fait penser au bruit blanc, ce bruit significatif des vieilles télévisions cathodiques quand elles ne captaient pas et que vous aviez une image faite de points blancs et noirs avec ce bruit assourdissant. Le bruit blanc correspond parfaitement l’état mental de l’héroïne. Il va être très prononcé quand elle sera fâchée, triste, et moins présent quand elle sera heureuse. Mais il est constamment là. Tout comme tout ce qui lui pèse sur le coeur. Elle ne peut s’en débarrasser. Le fait que ces grains soient présents sur les images corrobore cette sensation de poids sur l’esprit.
Il y a une deuxième chose que l’on ne peut s’empêcher de remarquer : toutes les photos (hormis deux) ne représentent que des enfants. Je ne peux que faire le lien avec l’enfance de l’héroïne qui s’est arrêtée bien trop tôt. Cela se retrouve dans le récit, Elle ne prenant que des photos d’enfants. Elle a besoin de se voir à travers eux. Elle a besoin de leurs tristesses et de leurs joies. Elle a besoin d’eux.
Ma photo préféré est celle de la couverture (je ne vous dirais pas de quel chapitre elle est tirée, sans quoi, vous en saurez trop). Sur cette image, on aperçoit un enfant et un adulte devant un simple et magnifique paysage. Ce que j’aime, c’est que l’on ne sait pas ce que fait l’enfant. S’énerve-t-il contre l’homme ? S’accroche-t-il à son pantalon ? S’approche-t-il de lui afin de l’enlacer ? Joue-t-il ? Une multitude de questions qui représentent à la perfection le chapitre.
Les photos et le récit ne font qu’un.

J’arrive à la fin de ma chronique et je crois qu’il ne me reste que très peu de choses à vous dire. Je me suis demandé tout le long de ma lecture « Mais pourquoi les éditions Underground ont-elles décidé de publier ce livre ? Ça ne correspond pas à de la littérature de l’imaginaire, alors pourquoi ? ». Et la réponse est simple. Quand on a un coup de coeur, on a un coup de coeur. Et puis, Underground publie de la littérature alternative, et ce livre en est à cent pour cent.


Des qualificatifs ? Si fort en émotions !

Bilan 2017

Après le flop de l’année 2016 où je n’avais lu que 44 livres dont 18 romans, je vous présente l’énorme flop de l’année 2017 ! J’ai hésité à écrire cet article, mais il fait parti de ma vie de lectrice et de blogueuse. Et cette année 2017 fut vraiment une année sans.


Donc, j’ai lu 27 livres dont seulement 10 romans ! Et je n’ai rien lu du tout durant les mois d’avril et de septembre… Bref oui, c’est une catastrophe !

Voici donc mon flop/top de l’année dernière :

Mon flop, sans ordre précis :

Roman qui ne m’a pas plus, mais qui peut plaire à beaucoup de monde. Une lecture avec des défauts, mais qui passent. Une lecture juste pas à mon goût :

Des dessins magnifiques mais l’histoire est trop bateau et manque de profondeur.

Mon top, avec un seul coup de cœur :

Numéro 5 : Dracula, enfin je lis un classique ! J’ai adoré ma lecture, mais je ne m’en souviens quasiment pas. Quel dommage !

Numéro 4 : Un manga qui m’a laissé sans voix ! Une histoire originale qui promet. Et les suivant ne sont vraiment pas décevants. J’adore !

Numéro 3 : Achat compulsif, lu de suite et un véritable bonheur à lire. Un conte avec une forte morale mais une histoire avec une douceur sans nom.

Numéro 2 : Quel plaisir de retrouver la plume de notre cher Philip Pullman ! Un livre qui sert de détente et d’apprentissage. Cet auteur a un dont pour l’écriture !

Numéro 1 : Faire une année sans coup de cœur ? C’est sûrement possible, mais pas temps que Shin’Ichi Sakamoto sera présent pour nous écrire la suite des mémoires des Sanson. Ce manga est toujours aussi beau, je suis toujours autant amoureuse de Charles-Henri et j’adore toujours autant suivre ses aventures et celles de sa sœur.


Au niveau des articles, je n’en ai publié que 3, encore une catastrophe ! Le bilan 2016, la critique de Projet Léthé, tome 1 : Érèbe de Chris Rigell et la lecture suivie 3 : L’oeil d’Abaddon de Keren Nott – épisode 1 : le résumé et le premier chapitre.


Pour 2018, je me suis prévue deux petits challenges personnels, des marathons de temps à autre, et de lire et de chroniquer quand j’en ai envie ! Pour l’instant, je suis motivée et en suis à ma neuvième lecture de l’année ! J’espère de tout cœur que ça va continuer comme ça. Et j’ai déjà écrit une chronique Demain j’arrête de Gilles Legardinier. Cette année s’annonce plutôt bien ^^.


Je vous souhaite une excellente année 2018, pleine de belles lectures !

Demain j’arrête de Gilles Legardinier

Titre : Demain j’arrête

Auteur :  Gilles Legardinier ; Lectrice : Ingrid Donnadieu

Langue : Français – Langue originale : Français

Format : Audio – Durée : 8h50

Publié le 22 Janvier 2014 chez « Audiolib » ; Publication originale le 10 Novembre 2011 chez « Fleuve Noir »

ISBN  : 978-2-35641-703-9 ; Prix : 20€90 pour le format physique (1 CD MP3 de 608 Mo)

Couverture de « Belle Mécanique »

Lectorat : À partir de l’adolescent

Genre : Roman – Comédie

Tome unique

Page internet de l’éditeur ICI


Extrait :

Vous pouvez écouter l’extrait ICI.


Résumé de l’éditeur :

« Et vous, quel est le truc le plus stupide que vous ayez jamais fait ? Comme tout le monde, Julie en a fait beaucoup. Elle pourrait raconter la fois où elle a enfilé un pull en dévalant des escaliers, celle où elle a tenté de réparer une prise électrique en tenant les fils entre ses dents, ou encore son obsession pour le nouveau voisin qu’elle n’a pourtant jamais vu – obsession qui lui a valu de se coincer la main dans sa boîte aux lettres en espionnant un mystérieux courrier…
Mais tout cela n’est rien, absolument rien, à côté des choses insensées qu’elle va tenter pour approcher cet homme dont elle veut désormais percer le secret. Poussée par une inventivité débridée, à la fois intriguée et attirée par cet inconnu à côté duquel elle vit mais dont elle ignore tout, Julie va prendre des risques toujours plus délirants.

Remerciements lus par l’auteur – Suivi d’un entretien avec l’auteur »

Vous pouvez écouter le résumé ICI.


Petit mot avant-garde :

Demain j’arrête est le tout premier livre du genre sur lequel je me penche. Je ne lis jamais de romance, ni de livres contemporains et encore moins de livres qui parlent juste de la vie de tous les jours. Les audios m’apportent les manques que j’ai en littérature ; c’est une façon pour moi de lire les genres que je ne lis pas habituellement. Et ce fut une merveilleuse découverte. J’ai su apprécié le roman que l’on m’a lu d’une façon très agréable et posée.


Ma chronique :

J’ai découvert les livres audios avec VDB éditions et les romans de Sire Cédric, dont les deux sont juste fameux. Ensuite, j’ai testé le premier tome d’Harry Potter de J.K. Rowling publié chez Gallimard qui m’a vraiment hyper déçue. Cette édition audio est vraiment désagréable à écouter, le lecteur n’articule pas, la lecture est sans vie et ce fut un coup dans le cœur d’entendre cette version de ma série fétiche. J’ai longtemps hésité avant de tenter les éditions Audiolib, suite à l’échec précédent. Mais ayant tellement entendu parler de Gilles Legardinier et de ses romans que tout le monde adore et attend, que j’ai fini par tenter le coup. Et quoi dire de plus que « Coup de cœur ! ».

Le livre audio, bien que ce soit toujours l’auteur qui imagine puis écrit les livres, est pour moi avant tout une – ou plusieurs – voix. Si la voix ne colle pas aux personnages, si le livre est mal lu, trop vite ou pas assez, ça ne peut pas marcher. Et ça peut vite vous dérouter et vous empêcher de lire la suite sur un autre support. Il ne faut donc pas se rater. La lectrice de Demain j’arrête a une voix qui colle parfaitement à l’histoire et à l’âge de l’héroïne du roman. Elle articule, prend le temps de prononcer chaque phrase avec l’intonation qu’il faut et fait vraiment vivre le récit. Contrairement à VDB éditions,  j’ai été étonnée qu’Audiolib n’utilise qu’un seul lecteur (ce qui est le cas pour ce livre, mais pas forcément pour d’autre que j’ai écouté depuis). J’avais peur que cela me dérange, mais finalement, la lectrice joue tellement bien le jeu des voix différentes que je m’y suis très vite habituée et j’ai même appris à reconnaître les autres personnages quand c’était eux qui s’exclamaient. Là où je sais que le pari est réussi pour la maison d’édition, c’est que j’ai vécu l’histoire à fond, autant que si je lisais un livre. J’étais vraiment prise dans le récit, que ce soit dans la voiture, à la maison, ou à la piscine, je m’esclaffais quand j’entendais une phrase drôle, je criais quand je n’étais pas contente, j’ai même éclaté de rire en plein milieu de la rue. À la façon dont la lectrice prononçait ses mots, je faisais des grimaces, et je n’étais pas contente, comme elle !
Et ça, c’est un point important : « je n’étais pas contente, comme elle ! ». Mais elle qui ? La lectrice, vraiment ? Ou l’héroïne ? Ou bien les deux… Parce que oui, la lectrice et l’héroïne ne forment plus qu’un ! C’est comme quand vous lisez un lire que vous adorez et que vous vous identifiez au personnage principal. Vous êtes le héros. Ici, le génie est d’avoir réussi à faire se superposer deux personnes différentes. Donc bravo à l’auteur (oui, un peu quand même, il l’a inventé ce personnage ^^), et bravo à la lectrice et à Audiolib pour leur travail.

Mais tout cela ne s’est pas produit uniquement grâce à la lectrice ou au travail qu’a produit Audiolib, mais aussi grâce à l’histoire et donc à l’auteur. Gilles Legardinier nous conte la vie de tous les jours. Ça pourrait être n’importe qui à la place de Julie, vous comme moi. Et je suis presque sûre que l’on serait tous intrigué par le nom de famille « Patratas », on se ferait autant de films que la jeune femme, moi la première ! Et puis, qui n’a pas pensé au moins une fois dans sa vie à changer de boulot parce qu’il en avait assez de cette journée banale et ennuyante à souhait ? Les chats sont-ils vraiment des extra-terrestres venus sur Terre pour nous étudier ? Et qu’est-on capable de faire pour prouver à un homme qu’on ne veut pas le perdre… Je pense que vous cernez à présent assez bien le personnage principal et le ton de l’histoire. C’était la première fois que je lisais/écoutais un livre du genre et j’ai d’abord été très étonnée d’accrocher autant. Je ne me rendais pas compte du temps que je passais à écouter le roman. Les heures défilées sans que je ne fasse rien d’autre. Et je passais mon temps à rire. Car oui, l’histoire est très drôle, et légère. Il y a bien sûr des parties qui m’ont rendues triste et inquiète, mais c’est juste ce qu’il faut pour ne pas couper à l’ambiance tendre du roman.

Je n’ai pas tellement envie de vous en dire plus sur l’histoire, de peur de trop en dévoiler. Je vous conseille juste de la découvrir vous même. Depuis que j’ai écouté ce roman, c’est un cadeau que j’ai fais à beaucoup de personnes, et elles l’ont toutes adorés !
Alors que vous souhaitez le lire ou l’écouter, n’hésitez pas. Si vous n’osez pas lire l’auteur ou que vous avez peur de ne pas aimer le genre, écoutez-le. Si vous êtes curieux et que vous voulez savoir pourquoi tout le monde aime tant cet auteur, écoutez-le. Et si vous ne connaissez pas les livres audios, que vous avez envie de vous y plonger, ce livre est parfait pour une première fois. Il rentre parfaitement dans la catégorie : livre à lire en mode « cocooning ».


Des qualificatifs ? Tendre, léger, drôle

Lecture suivie 3 : « L’œil d’Abaddon » de Keren Nott – Épisode 1 : le résumé et le premier chapitre

Titre : L’œil d’Abaddon

Auteur : Keren Nott

Éditeur : Underground éditions

Couverture de Camille Alquier

384 pages – Prix : 19€90 – Tome unique

Genre : Post-apocalyptique – Lectorat : Adultes

Site web de l’éditeur avec accès sur la page du livre ICI


Bienvenu pour mon troisième épisode de Lectures suivies ! J’espère que ça vous plaira de me suivre en plein cœur de ces livres qui ont des choses profondes à dire. Bon suivi à tous !


Pour bien démarrer, voici le résumé de l’éditeur :

« C’est la fin du monde. Pas de doute, nous y sommes.
J’avais appris à craindre les catastrophes naturelles, l’ire légitime de la Terre que nous détruisons chaque jour un peu plus. Perdu.
C’est autre chose qui causera notre perte à tous, quelque chose de plus grand, quelque chose de plus beau encore que la planète nous vouant au néant, excédée par nos dernières conneries, lassée du nucléaire, de la pollution, de la consommation à bâtons rompus.
La lumière… Nous qui de tout temps avons craint les ténèbres, c’est son antithèse que nous redoutons aujourd’hui.
Il est l’heure pour nous, Terriens, de nous résigner. Rien ne sert d’avoir peur, de se plaindre, de se battre. La fin est proche, et elle n’épargnera personne.
Il ne nous reste plus qu’à saluer l’apocalypse. »


Voici à présent mes sentiments sur le premier chapitre du livre :

Je ne voulais pas forcément faire une lecture suivie pour ce livre. Mais dès le premier chapitre, bien qu’il fasse moins d’une page, j’ai eu envie de partager ma lecture avec vous et de poser des questions à Keren sur son univers. Donc me voilà en train de taper des petits mots afin de vous faire découvrir de nouveau cette fabuleuse auteur.

Je ne vais pas vous dire grand chose sur ce premier chapitre, car il est tout petit et il est presque identique au résumé, à quelques mots près. Mais il est bien plus percutant. La première chose que je me suis demandée en le lisant c’était « Mais comment moi j’imagine la fin du monde ? Comment va-t-elle arriver, si peu qu’elle arrive vraiment ?! » car c’est bien là le premier sujet du livre : la fin du monde. J’ai plus tendance à dire qu’il y aura une apocalypse zombies, ou quelque chose du genre, créée par une guerre nucléaire ou par un remède médical qui fera l’effet inverse de celui voulu. Pour moi, c’est l’humain qui va détruire l’humanité, pas la Terre comme le pensais le premier personnage du livre, Kir. « Il ne nous reste plus qu’à saluer l’apocalypse. » dit-il. Et à nous, lecteurs, il ne nous reste plus qu’à tourner les pages.

Alors dites-moi, chers lecteurs, comment imaginez-vous l’apocalypse ? Et d’ailleurs, pensez-vous qu’il va y en avoir une ?


Voici la première mini-interview de Keren :

Coucou Keren ! Alors, dis-moi comment s’est passé l’écriture de ton second roman ?  »Eh bien, l’écriture de l’OEil d’Abaddon n’a rien eu de commun avec celle de Je suis un monstre. Elle a pris beaucoup plus de temps et a été assez houleuse. J’ai traversé de longues périodes sans écrire, et on peut dire que ce roman ne m’apparaissait jamais assez bien. J’étais éternellement insatisfaite. Une certaine pression s’était installée malgré moi, un stress « post-monstre ». Je voulais faire au moins aussi bien que ce premier roman mais c’était difficile pour moi de me départir tout à fait d’Edselias et d’Aiden… Néanmoins, grâce au travail des Éditions Underground, j’ai réussi à faire de L’OEil d’Abaddon un livre qui me contente aujourd’hui ! »

Comment imagines-tu l’apocalypse ? Penses-tu qu’il va y en avoir une ? Si oui, t’y es-tu préparé ? « Apocalypse est peut-être un grand mot. Il porte en lui quelque chose d’inéluctable et de terrible qui fait que ce terme est difficile à employer… Mais je ne nous pense pas à l’abri de certains conflits. Selon moi, l’apocalypse revêtirait l’aspect d’une pandémie, un virus que rien ni personne ne parviendrait à enrayer. Malgré les considérables avancées du monde scientifique et médical, l’humain reste tout de même particulièrement vulnérable face à ce type de menaces… Et je trouve qu’il n’y a rien de plus effrayant, au fond, que ce type d’ennemi insaisissable. Un autre scénario qui me vient aisément à l’esprit repose davantage sur la condition humaine. Je ne pense pas l’Homme bon par nature, et je suis persuadée qu’on finira par s’entre-tuer… Je sais, c’est d’un affreux pessimisme !
Et je n’y suis pas du tout préparée ! Je suis nourrie à la littérature horrifique et aux jeux vidéo de type survival horror depuis mon adolescence mais je ne suis pas sûre que cela suffise à me tirer d’affaire ! »

Un petit mot pour les lecteurs afin de leur donner envie de lire ton roman ? « L’OEil d’Abaddon a été un projet difficile pour moi. Je suis sortie de ma zone de confort avec ce roman. J’aurais aisément pu écrire un second Je suis un monstre, un livre qui sentirait le réchauffé, mais je ne pouvais m’y résoudre. Ils ont cependant des points communs : on y retrouve un certain pessimisme vis-à-vis de la part d’ombre qui réside en l’Homme, ainsi qu’une utilisation du gore et de sentiments violents qui heurtent et interrogent. Alors, si vous avez envie de me suivre pour cette nouvelle aventure, n’hésitez pas ! »


Je vous retrouve très bientôt pour un deuxième épisode !

Projet Léthé, tome 1 : Érèbe de Chris Rigell

Titre : Projet Léthé, tome 1 : Érèbe

Auteur :  Chris Rigell

Langue : Français – Langue originale : Française

Format : Papier – Lu en EBook

Publié le 31 Octobre 2017 chez « Underground éditions »

ISBN  : à venir ; Prix : 19€90 ; Nombre de pages : 320

Couverture de Amaryan

Lectorat : Jeunesse et plus

Genre : Roman – Fantastique/Science-fiction

Premier tome de la trilogie Projet Léthé

Page du livre sur le site de l’éditeur ICI


Citation :

« À cette pensée, le cœur de Keneda se serra. Avec effort, il dénoua ses doigts crispés et effleura la poignée de la porte. Une migraine obligeait Aloïs à fuir la lumière. Quant à Albin, il travaillait sur leur itinéraire. Il allait donc devoir affronter leur père seul, lui cacher leur projet insensé et briser une promesse vieille de neuf ans. » – Page 10, Chapitre 01 : L’ombre du passé


Résumé de l’éditeur :

« Dix ans… Dix ans que le monde a sombré dans le chaos. La viridis, cette peste surnaturelle, la météo aberrante, la faune monstrueuse, les morts qui refusent de le rester sont devenus notre quotidien. Au prix d’une existence recluse, nous survivons à Bouïan, bastion d’ordre et de paix. Ça ne pouvait pas durer. Notre père adoptif a attrapé à son tour la viridis. Mon frère, ma jumelle et moi-même décidons alors de quitter la sécurité de Bouïan pour le sauver. Accompagnés de nos amis, nous n’avons d’autre choix que de nous lancer dans un voyage risqué à travers les terres sauvages. Au bout de notre périple, nous espérons trouver ce que les guérisseurs affirment être le remède à tout. Mais nous ignorons encore ce qui nous attend… Peut-être la réponse à notre passé dont je n’ai gardé que peu de souvenirs. Et quelles sont ces marques noires sur mon corps et mes mains ? »


Petit mot avant-garde :

Je ne peux rien refuser aux éditions Underground. Bon, rien, ou presque. Mais il suffit qu’ils me disent « Ce livre a été un coup de cœur ! Et on serait ravis d’avoir ton avis dessus », pour que je me laisse avoir ! Bien sûr je passerais tous les autres mots adorables que l’on se dit, ils restent bien secret dans nos petits cœurs.


Ma chronique :

Cette petite maison d’édition a beau être une de mes préférées, les éditeurs savent très bien que je suis hyper difficile au niveau de mes lectures et que je ne laisse rien passer. Mais ils me font tout de même confiance – à savoir pourquoi ^^ – au risque d’avoir une chronique négative (on sait tous qu’une critique n’est jamais objective). Je vous dis cela car le livre n’est pas un coup de cœur comme il l’a été pour les éditeurs : j’ai remarqué pas mal de choses qui m’ont dérangées pendant ma lecture. Mais il y a vraiment du bon dans ce premier tome et je comprends parfaitement leur point de vue. Je pense même que ce livre fera fureur ! Mais quand je lis, j’analyse tout. C’est un gros problème, croyez-moi ! Au lieu de me poser, de profiter de ma lecture et de me détendre, je vérifie les fautes de syntaxe ou d’orthographe, les cohérences de l’histoire, si les personnages ont une psychologie qui tient la route, et cetera. Mais ce qui est étonnant par rapport à ce livre, c’est que mon cerveau a réussi à se déconnecter, il a mis sur pause ses analyses et m’a laissé profiter à fond de certains passages. La chose improbable ! Et je peux vous assurer que ça fait du bien d’avoir ce genre de pauses ! Donc, Merci Cerveau !

Ma chronique. Je tiens à démarrer par un élément essentiel : les fautes d’orthographe. Pour que ce soit clair, je ne suis pas contre les fautes d’orthographe (ni de syntaxe d’ailleurs), à partir du moment où elles sont essentiels au récit, aux jeux des personnages, ou aux contextes dans lesquels elles sont présentes. Il va donc de soi que si un texte n’a pas besoin d’avoir des fautes pour apporter quelque chose au livre, elles doivent être inexistantes (ce qui est aussi une obligation pour mes chroniques !) ! C’est le cinquième livre que je lis de cette maison d’édition, et c’est toujours un plaisir immense de ne voir aucune fautes quelles qu’elles soient ! C’est un régal de pouvoir lire sans remarquer qu’il manque un espace, ou qu’il manque un « s » ou un « e ». Ce livre a reçu une correction parfaite ! Et je ne dis pas ça juste pour faire plaisir aux éditeurs et à l’auteur, mais parce que c’est mérité.
Parenthèse fautes finie, je n’ai pas grand chose à vous dire sur tout ce qui est dialogues, vocabulaire, narration, répétitions. Tout est mesuré. Plutôt que d’utiliser la première personne pour la narration, l’auteur a décidé de tout mettre à la troisième, ce qui lui évite d’être limitée à un seul et unique personnage. Elle a réussi son pari, vu que le lecteur se retrouve à être très proche du personnage principal, tout en gardant un œil extérieur pour le voir évoluer.
Le roman se lit très vite. Pour preuve, moi qui lit très lentement, je n’ai mis qu’une semaine pour le dévorer, d’autant plus que j’ai été occupée et que je l’ai lu au format epub. Et je déteste lire en numérique ! Le livre se lit très vite avant tout grâce à un rythme et à une dynamique très soutenus. Vous n’avez pas forcément le temps de souffler : tous les éléments s’enchaînent à la suite les uns des autres. Ce qui n’enlève pas pour autant le plaisir de lire. C’est juste agréable de lire un roman de plus de 300 pages en peu de temps. Et ce n’est pas une écriture en taille 14 comme on peut en trouver chez d’autres éditeurs.
Il me reste un dernier sujet à évoquer pour finaliser la partie écriture : le style de l’auteur. Chris Rigell a écrit un premier roman que je n’ai pas encore lu – Le marchand d’âmes, toujours chez Underground éditions. Je ne savais donc pas du tout à quoi m’attendre. Nouvelle auteur, nouvelle lecture. C’est toujours un plaisir de découvrir un nouvel auteur et de lire un nouveau style – certains découverts lors de mes dernières lectures m’avaient laissés sans voix. Pour ce qui est de Chris, j’ai remarqué qu’elle n’avait pas forcément de propension à mettre en avant un style bien à elle. C’est plus du côté de l’histoire et sa façon d’en présenter les événements qui la différencie des autres. Elle reste sur une écriture simple et très efficace qui va permettre de faire évoluer certains éléments de son récit et qui va amener le lecteur là où elle veut. Pour le coup, c’est vers les tomes suivants qu’elle nous envoie.

Mais comment fait l’auteur pour vous convaincre de lire la suite s’il n’y a rien de spécial dans son écriture ? Et bien elle vous rend accroc à  l’histoire. Elle vous donne des éléments importants et vous fait des révélations à presque tous les chapitres. Mais sans trop en dire. Il faut que le suspens perdure, que vous ayez envie d’en savoir plus. Et quoi de mieux qu’un personnage principal complètement perdu qui apprend les choses au même rythme que vous et qui essaye de recoller les morceaux dès qu’il y a un brin de révélation qui lui tombe sous le nez pour vous rendre accroc à une histoire ? Mais attention ! Tout comme lui, vous n’en saurez jamais assez pour tout comprendre. Il y aura toujours une zone d’ombre. Le puzzle dans cette histoire ne fait pas seulement mille pièces, mais bien cinq mille. Et vous n’aurez pas le fin mot de l’histoire avant le tout dernier chapitre, je peux vous l’assurer !

L’histoire. J’ai été très étonnée, agréablement, de lire un livre où l’histoire se déroule dans le futur, mais tellement dans le futur que tout ce que nous pouvons imaginer de nos jours est présent. Je vous explique. L’humanité a bel et bien été comme elle l’est aujourd’hui. Puis elle a évolué avec tous les robots et les expériences ultra-scientifiques qu’on attend (ou pas) avec impatience ; puis elle a de nouveau évolué pour atteindre un stade final en apothéose : l’humain à détruit la Terre (oh ben tiens !). L’histoire se passe après la destruction. Dans ce nouveau monde, les forêts sont rougeoyantes (les décors manquent de descriptions, mais de ce que j’ai pu en imaginer, c’est juste sublime !), les humains ont des dons exceptionnels, les monstres ont remplis la Terre, les morts se relèvent et l’humanité est toujours aussi fière… Il y aurait des licornes et des sirènes dans le prochain tome que je n’en serais pas étonnée et que je trouverais ça hyper intéressant. C’est comme si l’auteur avait poussé l’histoire de la Terre au plus loin pour pouvoir laisser vaquer les envies de son imagination et que cela semble plausible. J’ai eu l’impression d’être transportée dans un monde de Fantasy. Que ce soit par rapport aux décors, aux personnages, au monde créé et surtout à l’évolution du récit : les héros ont une quête et vont faire tout ce qui est en leur pouvoir pour arriver au bout. Ils vont braver des océans (ici des Diabilis), des montagnes, combattre des géants (des Liocéros), manger du pain rassis parce qu’il n’y a rien d’autre et se supporter alors qu’ils ont tous un caractère bien trempé ! Mais ils vont aussi se soutenir contre vents et marées. Oui, ce livre pourrait très bien relever de la Fantasy. De même pour l’ambiance. J’ai retrouvé dans cette lecture tout ce concentré d’information et de décors que je pouvais voir dans les livres de Fantasy jeunesse que je lisais avant. Il manque juste les dragons ^^. Cependant, l’omniprésence de la Terre vous fait vite revenir à la réalité et au monde de science-fiction/Fantastique que l’auteur a créée. De mon point de vue, c’est une réussite : je ne lis plus de Fantasy et ce roman aurait presque pu me réconcilier avec le genre.
Pour les personnages, je vais me porter principalement sur le héros : Keneda. Les autres sont tous pour moi des personnages secondaires, y compris la sœur jumelle Aloïs, qui bien qu’elle soit très importante, se trouve de plus en plus en retrait au fur et à mesure que l’histoire avance. Keneda est un adolescent qui ne se souvient pas de la partie de sa vie la plus importante et nous, en tant que lecteurs, on doit supporter cette absence. On va le suivre dans ses caprices et ses incompréhensions, et évoluer à ses côtés. La narration, comme je vous l’ai énoncé plus haut, nous pousse vers lui et on s’attache vraiment à ce petit être. J’avoue, j’ai une grosse préférence pour Petit Frère, l’ancien nom du héros et sa personnalité lorsqu’il était plus jeune. Il est fragile et n’a pas le temps d’être idiot. En grandissant, Keneda m’a souvent énervé avec ses réflexions et sa façon d’être totalement buté. J’avais envie de le secouer un bon coup. Je n’ai pas pu m’empêcher de comparer Keneda et sa sœur à la fratrie dans le manga L’attaque des titans. Si vous voulez connaître leurs caractères et savoir quelle relation ils ont entre eux, lisez cette BD japonaise et vous aurez l’exemple parfait. Donc, Keneda est surprotégé par sa sœur, ce qui l’empêche de faire la part des choses. J’ai aimé le voir évoluer et devenir moins borné. Non, oubliez. Il est toujours aussi borné, voire même plus, mais un peu moins idiot.
Je passe certains détails qui risquent de spoiler, mais je peux vous dire que tous les personnages ont leur importance dans le récit, il n’y a pas de personnages lambda.
Précédemment, je vous ai dit qu’il y avait des révélations à presque chaque chapitre. Que s’en soit des grosses ou des petites, elles sont très présentes et aident à avancer dans l’histoire. Autant qu’elles servent à Keneda pour qu’il puisse comprendre les liens existants. Elles sont toutes importantes. Et pourtant, bien que vous lisiez ces retournements de situation, vous ne cesserez de vouloir en savoir plus. Ça en devient un besoin. À la fin, l’auteur vous explique deux choses très importantes qui vous auront triturées l’esprit tout le long du roman. Mais il y a tellement de points d’ombre restants que vous ne pourrez vous empêcher de vouloir lire vite la suite !
Juste un dernier petit point, les fervents amateurs de mythologie grecque seront ravis de lire ce titre. Pour les autres, il va falloir vous accrocher, comme je l’ai fait. Je connais les histoires principales de cette croyance, mais là, certains éléments étaient beaucoup trop recherchés et précis pour moi, et ils n’étaient malheureusement pas expliqués. Je n’ai pas réussi à accrocher sur toutes ces parties de l’histoire, ce qui est dommage vu que ça a une place importante. J’espère trouver plus d’explications dans le tome suivant, qui pourraient venir du fameux livre.

Ah et encore un chose. À la fin du roman, une petite surprise vous attendra ^^.

Voilà, j’ai enfin fini, je suis vraiment désolée pour la longueur de la chronique mais je ne peux m’en empêcher. Un dernier petit mot pour remercier une nouvelle fois les éditions Underground et l’auteur pour m’avoir fait confiance et pour avoir pu lire ce livre en avant première ! C’est toujours un plaisir de travailler à vos côtés.


Des qualificatifs ? Prenant, intéressant