« Enfin la nuit » de Camille Leboulanger

Titre : Enfin la nuit

Auteur : Camille Leboulanger

Langue : Française – Langue originale : Française

Format : Papier – Lu en format poche

Publié le 25 mars 2021 chez L’Atalante Éditions collection Poche

ISBN  : 979-1-036-00072-0; Prix : 7€00 ; Nombre de pages : 224

Photo de couverture : Leraf et Ludovic Charlet

Lectorat : Adultes

Genre : Science-fiction – Post-apocalytique

Tome unique

Page du livre sur le site de l’auteur ICI


Citation :

« Thomas se sent un peu idiot quand, le soir venu – 22h à sa montre-, il s’installe dans une voiture garée sur le trottoir pour y dormir. Seulement la nuit ne tombe pas. Le ciel gare de s’éteindre dorées et brillantes. Qu’il s’agisse du résultat d’une explosion nucléaire, d’un châtiment divin, ou bien d’une révolte de la nature, peu importe. Le fait est là : il ne peut pas dormir. Trop de lumière. Thomas n’y peux rien, mais il s’en veut car il se rappelle trop tard le cache-yeux entre (semblable à ce que l’on distribuer dans les avions) qu’il a oublié dans le tiroir de la table de nuit. Un cache-yeux qui lui aurait été bien utile, mais qu’il n’a tout bonnement pas pensé à emporter. Retourner chercher à l’appartement n’est pas une option. Il s’y refuse. Tout d’abord, c’est dangereux, et puis cela serait une perte de temps. On pourrait, il est vrai, objecter que Thomas n’a pas vraiment de raison d’être pressé, vu qu’il ne sait tout bonnement pas où il va. Mais quand même. Revenir sur ses pas, ce serait reconnaître son échec. Son amour-propre le lui interdit. Il est parti sans, il continuera sans. Alors, après deux heures passées à se tourner et retourner sur le fauteuil passager de la vieille Peugeot 309 verte immatriculé 1670 BD 92, il décide d’abandonner et de se remettre en marche.»

– Pages 25-26, chapitre « Le dernier randonneur ».


Résumé de l’éditeur :

« Le ciel était embrasé. On avait bien donné des explications à la télévision, histoires de guerres, de catastrophes, d’ennemis, d’alliés. Des noms, d’autres, beaucoup de noms qui se croisaient sans grande cohérence entre eux. Alors, du coup, les gens étaient dans la rue, le regard plongé dans le feu du ciel. Le grand embrasement. Ravage. La nuit était plus claire que le plein jour. Les lampadaires devenaient inutiles. Le ciel s’était allumé le 23 janvier, sur le coup de 22h30. Et si, sur le moment, personne ne comprenait vraiment ce qu’il se passait, il faudrait bien admettre, une semaine plus tard, que la nuit ne retomberait plus jamais. »


Petit mot avant-garde :

Ma rencontre avec Camille est un vrai fruit du hasard. Aux Imaginales 2021, je suis allée faire dédicacer un livre et juste à côté il y avait Camille Leboulanger. Il était en train de présenter un de ses romans à des lecteurs et je l’ai entendu dire « lisez la première page. Si vous ne l’aimez pas, ne l’achetez pas ». Bien sûr, moi en entendant ça, j’ai de suite été intriguée. Ma dédicace terminée je suis allée rencontrer Camille afin de lui demander de me présenter ses romans. De là, il m’a dit la même chose qu’il avait annoncé précédemment, et bien sûr j’ai de suite voulu le livre, Malboire. Ensuite, il m’a parlé de Enfin la nuit en me le présentant comme un roman qui pouvait que vous plaire si vous avez aimé La route de Cormac McCarthy. Alors encore une fois je n’ai pas eu d’autre choix que d’acheter le roman parce que La route a été un véritable coup de cœur il y a 3 ans de ça.


Ma chronique :

Enfin la nuit n’est pas un livre comme les autres. Il est froid, les personnages sont distants et vous ne vous évaderez pas au delà des collines de par votre imagination. Je m’explique.

Le sentiment premier qui ressort de ma lecture de Enfin la nuit, c’est que le roman est froid. Il n’y a pas d’accroche particulière à avoir avec les personnages, pas d’attache avec le monde, pas d’attache avec les lieux. Ce roman est un parcours de frissons constants, déclaré dès les premières lignes, dès que l’on sait que la nuit ne tombe plus. Le ciel est jaune et fait froid dans le dos. On ne sait pas trop où l’on est, ce qu’il en est, et ce qu’il en sera. Le lecteur est juste présent pour lire le roman et se faire transporter dans cette apocalypse par le biais du personnage principal.

Dans sa façon d’écrire, Camille Leboulanger nous amène exactement là où il veut qu’on aille et nul part ailleurs. Vous ne trouverez pas beaucoup de descriptions de paysages, et par conséquence, vous ne pourrez pas vous évader, pas laisser votre imagination faire le travail. Car ici, ce n’est pas le but. L’auteur veut vous mener par le bout des doigts et c’est ce qu’il fait. L’important, c’est de marcher aux côtés de Thomas, sans parler. Juste le suivre en silence pour vivre les mêmes choses que lui, vivre cette apocalypse, vivre ces journées infinies et étouffantes. Vous n’êtes pas le personnage, vous êtes juste spectateur de ce que peut être une vie sans nuit. En cela, vous étouffez tout le long du roman. Vous étouffez comme le fait Thomas. Vous étouffez à cause de la chaleur, à cause du stress, du manque d’eau, de trop marcher. Vous étouffez à cause des gens, de leur distance et de leur proximité. Vous étouffez car Thomas ne lève pas les yeux sur le monde qui l’entoure, ne regarde pas les panneaux qu’ils croisent, le nom des villes dans lesquelles il passe. Vous étouffez de rester la tête baissée, constamment. Et vous êtes là, toujours silencieux, à marcher aux côtés de cet homme qui ne se confie pas, qui s’ouvre très peu. Qui ne partage pas beaucoup ses sentiments, et qui parle peu. Vous n’êtes pas spectateur de ce monde apocalyptique, mais vous êtes spectateur du mode de survie de Thomas.

C’est dans l’écriture du roman que l’on sens la puissance de l’apesanteur du monde, que l’on se sent pris aux tripes par la survie du personnage.
Contrairement à La route où les héros ne sont jamais nommés, on a ici une répétition excessive des prénoms de chacun. Et contrairement à ce que l’on peut s’attendre, c’est dans cette répétition que nous ne nous attachons pas aux personnages. Ça créait une distance, comme si le fait de répéter dans la lecture un nombre incalculable de fois « Thomas » le faisait s’éloigner de nous. En comparaison, imaginez que tout se passe bien avec vos enfants ou la personne que vous aimez. Il suffit qu’il y ait une dispute pour que vous l’appeliez par son prénom, ça créait un énervement et une distance. Là c’est la même chose. Vous vous éloignez d’instinct du personnage principal. Après bien sûr, vous n’êtes pas insensible au point de le détester, pas du tout, mais vous apprenez à apprécier de suivre une histoire avec vos yeux de spectateur muet. Vous ne pouvez pas prendre part aux décisions ni aux choix de chacun, et vous en êtes quand même bien soulagés de ne pas avoir à les prendre. Il y aurait bien trop de poids sur les épaules à supporter et pourriez-vous seulement en faire un seul ?
De plus, le fait que les personnages soient distants correspond parfaitement au monde post-apocalyptique. Il reste peut d’Hommes sur Terre, c’est en quelque sorte la guerre des ressources et tout le monde doit se méfier de tout le monde car c’est humain. Car on ne sait jamais ce qui peut se passer. Car personne ne peut prédire l’avenir, et encore moins dans un monde comme celui-là. En plus, les héros sont totalement épuisés. Il ne fait plus sombre, donc le cerveau n’a plus de détecteur de fatigue. Donc, tout le monde est constamment fatigué et sur les nerfs. Sans compter la recherche constante d’ombre, de refuge, de nourriture, d’eau et surtout de sécurité.

Un autre élément fait que l’on reste distant à l’histoire, c’est sûrement aussi un des éléments les plus accrocheurs du récit. Par moment, l’auteur nous décrit des passages de personnages que l’on ne voit jamais. Ils ne sont en aucun cas importants, mais ces moments rajoutent énormément de tragique à l’histoire. Anna, Jean, ou les autres ne servent en rien au monde de Thomas, mais ils créaient un malaise infini envers cet univers qu’on ne découvre pas vraiment. Je ne peux m’empêcher de les relier aux instants, contants, où Thomas regarde sa montre et lit l’heure ou calcul le temps qui passe. Ce n’est pas constructif dans le monde dans lequel il doit vivre, mais ça lui permet d’évaluer un minimum le temps qui court et de se détacher, lui aussi, de ce qui se passe aux alentours.

Ce roman, c’est un roman vraiment accrocheur. Il faut insiter pour s’habituer à cette lecture si nominative. Mais c’est un enrichissement littéraire qui vaut vraiment la peine d’être lu. Je tiens aussi à signaler que c’est un premier roman de la part de l’auteur, et que ce n’est pas du tout détectable. J’avais l’impression de lire un livre d’un écrivain en pleine maturité. Je suis du coup en pleine attente de retrouver le style de Camille dans Malboire et curieuse de voir s’il a pu encore améliorer son écriture même s’il n’y en a pas besoin.


Des qualificatifs ? Distant, froid et extrêmement prenant

« Sur l’écorchure de tes mots » de Pascaline Nolot

Sur l'écorchure de tes mots eBook de Pascaline Nolot ...

Titre : Sur l’écorchure de tes mots

Auteur : Pascaline Nolot

Langue : Française – Langue originale : Française

Format : Papier – Lu en grand format

Publié le 22 février 2019 chez Chat Noir Éditions collection Chat Blanc

ISBN  : 978-2-375-68103-9 ; Prix : 19€90 ; Nombre de pages : 284

Photo de couverture : Léona Snow

Lectorat : Adultes

Genre : Roman – Contemporain

Tome unique

Page du livre sur le site de l’éditeur ICI


Citation :

« Je fonce dans ma chambre, je m’affale sur mon lit et j’allume la télé. Mais je ne vois rien de ce qu’il y a sur l’écran : la bouille de Grenouille remplace toutes les images. Sa trombine esquintée s’affiche en 3D. Plus je fixe les balafres et le nez déformé, plus je sens comme une boule qui enfle dans ma gorge. La boule gonfle, gonfle… Je sais ce que c’est. C’est un mot qui veut sortir. Mais il peut pas. Il est coincé, enfouis sous tous les autres que j’ai ravalés aussi. Celui-là, c’est le plus gros et, manque de bol, il est tout au fond. Impossible de l’évacuer. Alors, il prend de plus en plus de place en travers de mon gosier. Et je sens qu’un beau jour, il finira par m’étouffer. Comme je peux pas le prononcer, je regarde droit dans les prunelles noisettes qui ont envahi mon téléfilm pourri, et je le pense le plus fort possible :
PARDON.»

– Page 58, chapitre 5 « Sid ».


Résumé de l’éditeur :

« Emma, 18 ans, est une fille d’encre et de lettres. Barricadée chez elle, elle partage la totalité de son temps entre ses romans et son blog, Mots écorchés, sur lequel elle exprime son mal-être à travers citations et poèmes. Sid, 17 ans, est son exact opposé. Les mots, les livres, il n’aime pas. Être enfermé dans un quelconque foyer ou rangé dans une case bien déterminée, il déteste. Lui, préfère l’action à la contemplation, la débrouille à la dépression. Les deux adolescents n’ont rien en commun, si ce n’est le lien du sang et l’accident qui a changé à jamais leur double destinée. Car Emma et Sid sont frère et sœur et ne se sont pas revus depuis plusieurs années. Un jour, l’existence croise à nouveau leurs chemins pour leur offrir une seconde chance. »


Petit mot avant-garde :

Par moment, on choisi de lire un livre pour les sentiments que l’on veut ressentir. Aux Imaginales 2021, quand j’ai demandé à Pascaline Nolot de me parler de son roman, j’ai de suite été touchée par l’histoire qu’elle avait créée et par les émotions qu’elle devait transmettre. J’ai choisi de le lire car j’avais envie de ressentir des choses, j’avais envie de m’intégrer à une histoire avec de la vie, de la souffrance. Mais surtout, j’avais besoin de lire la réalité des choses. Je cherchais à être touchée par un personnage. Je sentais que ce livre était parfait pour ça, il y avait une promesse de ce que j’attendais.


Ma chronique :

« Sur l’écorchure de tes mots », c’est l’histoire d’un frère et d’une sœur qui ne se voient plus depuis des années suite à un accident grave : la fillette est brûlé, elle est difigurée. On suit dans ce roman les deux héros plusieurs années après la catastrophe, qui essaient de vivre comme ils peuvent. L’une reste enfermée chez elle ne pouvant pas supporter le regard des êtres humains sur elle. Et l’autre ne supportant pas d’être toujours au même endroit, sortant tout le temps, disparaissant continuellement, et faisant constamment la fête.

Allons à l’essentiel, j’ai adoré ce roman ! Vraiment difficile à lire sur les sujets qu’il aborde, mais tellement utile à la vie de tous les jours : le jugement et le regard des autres en sont les deux gros thèmes. Comment se faire accepter lorsqu’on a un visage défiguré, le peut-on seulement ? Ou puiser la force de pouvoir sortir alors que les gens vont vous voir tel que vous êtes vraiment, en monstre ? Quelles vont être les réactions lorsque des yeux vont se poser dessus ce visage ? Comment tout simplement vivre avec ça ?
De l’autre côté, il y a le petit frère et des jugements bien trop rapides : « Ce garçon qui sort tout le temps est juste inculte et débile. Il va se rendre malade en continuant à boire et à baiser, voire pire, se tuer… Et puis ses pauvres parents qui ne vivent plus ensembles à cause de lui ! Et en plus de tout ça il ne fait aucun effort ! »
Ce roman, c’est une mine de sentiments tristes et puisants, ancrés dans la réalité de notre vie contemporaine avec une belle critique de ce que nous sommes en tant qu’humains : remplis de préjugés et de méchancetés.
Ce roman, il vous fait prendre conscience du regard que vous avez sur les autres. Ce roman, c’est une claque dans la gueule magistrale sur les comportements que l’on peut avoir vis-à-vis des autres.
Ce roman, c’est une perle.

Écrit à la première personne, les chapitres alternants entre la sœur et le frère, j’ai mis un peu de temps à m’adapter à la lecture du récit car ce sont des adolescents qui parlent et je ne suis pas du tout habituée à leurs langages. Il y a des mots que je ne connaissais pas et des abréviations qu’ils utilisent que je n’avais jamais imaginées. Je me suis retrouvée l’espace d’un instant en face de mes nièces et de mes neveux qui me parlent à la jeun’s. Bref, il faut le temps de s’y faire mais ce ne sont pas non plus des cas extrêmes où il y a que des mots inconnus, ça reste plus compliqué quand on ne côtoie pas beaucoup de jeunes de cet âge.
Des deux personnages principaux, j’ai une grosse préférence pour Sid, le frère. Je le trouve juste génial ! Bon d’accord, c’est une tête à claque, mais j’adore ce gamin. Sa façon de penser et d’être, son courage, sa gentillesse. Il a parfois, non, souvent un comportement trop limite, mais à raisons. Mais je ne donnerai rien pour être à sa place non plus. En tout cas, j’admire le cœur immense qu’il a. Il a tellement d’amour à donner et à recevoir…
La sœur est vraiment énervante. Elle réfléchit trop, parle trop, même dans sa tête ! Je lui ai souvent dis de se taire quand elle ne laissait pas une autre personne parler et qu’elle faisait plein de commentaires dans sa tête. Les dialogues sont saccadés, tout le temps coupés. Ça correspond parfaitement au personnage, mais que c’est énervant !

Je ne peux pas m’empêcher de comparer ce livre à conte. Il est plein d’émotions et fait ressentir énormément de sentiments, il fait poser le regard sur la réalité des choses et le personnage de Maïssane ne peut être qu’une bonne fée. Beaucoup de scènes sont touchantes, certaines font vraiment flipper. On est ici terré avec les deux personnages pour mieux vivre leurs émotions, et souvent, on se sent angoissé ! On est pris aux tripes.

« Sur l’écorchure de tes mots » est publié aux éditions du Chat Noir, dans leur collection « Chat Blanc ». Je les suis depuis leur début et j’admire la qualité de leur travail, la qualité des livres qu’ils publient et leur dévouement à leurs auteurs et leurs lecteurs. Ici, avec ce roman, je peux dire que cette maison d’édition peut être fière d’avoir publiée ce livre. Elle n’a rien à envier aux grandes maisons, bien au contraire. C’est un livre en or, avec des émotions en or, et une leçon de vie en or. Beaucoup de grandes maisons devraient copier la qualité de ce roman.

Une magnifique réussite Pascaline, bravo !


Des qualificatifs ? Extrêmement touchant, fait prendre conscience de beaucoup de choses

« Les affamés » de Silène Edgar

Titre : Les affamés

Auteur : Silène Edgard

Langue : Français – Langue originale : Française

Format : Papier – Lu en grand format

Publié le 8 mai 2019 chez J’ai lu collection Nouveaux Millénaires

ISBN  : 978-2-290-16399-3 ; Prix : 18€ ; Nombre de pages : 256

Image de couverture : Création Studio J’ai lu

Lectorat : Adultes

Genre : Roman – Dystopie

Tome unique

Page du livre sur le site de l’éditeur ICI


Citation :

« La révolution verte avait remis tout le monde à niveau : plus de très riches, plus de très pauvres. Des salaires décents, la santé, la justice, l’éducation pour tous. Ils avaient renoué avec les idéaux du Conseil national de la résistance au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Dix ans de paix sociale retrouvée. Enfin presque. Les milices de fachos provoquaient toujours des affrontements, mais ça restait circonscrit. Et puis. Le Parti de la Santé. La mise en place du statut d’Utilité, de un à cinq selon l’importance de l’emploi pour la société. L’argent remplacé par les crédits. Les crédits indexés sur le bulletin de santé. Les moins Utiles ne peuvent pas se permettre d’avoir une mauvaise santé sans perdre leurs avoirs, alors ils mangent des légumes à l’eau. Malgré cela, ils ne peuvent pas se payer les meilleurs soins, donc ils sont malades quand même, et ils ont encore moins d’avoirs. Un cercle vicieux. Les plus Utiles n’en ont rien à foutre et se gavent. Il peuvent se payer un fort taux de cholestérol, des artères bouchées, des foies cirrhosés, les séquelles inévitables de leur vie de riches profiteurs. En quelques années, les inégalités sont revenues entre ceux qui profitent et ceux qui rament, comme toujours.
Il y a eu des mouvements, mais ils ont été réprimés dans le sang. Le sang de Hugues. »

– Pages 92-93, chapitre « Scènes ».


Résumé de l’éditeur :

« Auteur à succès, Charles noie son ennui dans l’alcool, le tabac, la bonne chère et les conquêtes faciles. Un style de vie proscrit depuis que les Lois de la Santé ont mis le pays au régime sec : travail et nourriture saine pour tous, sport obligatoire et interdiction formelle de nuire à sa santé. Mais Charles est adulé par les foules, alors on le laisse faire… jusqu’au jour où un politicien aux dents longues décide de censurer la production littéraire. Commence alors pour l’écrivain une descente aux enfers qui lui donnera à voir l’envers du décor de cette société prétendument idéale. »


Petit mot avant-garde :

L’achat de ce livre résulte de la première édition du festival Hypermondes situé à Mérignac à côté de Bordeaux. Je connaissais peu Silène Edgard, lui ayant acheté 14-14, co-écrit avec Paul Beorn, aux Imaginales en 2018. Aux Hypermondes, je suis tombée sur Les affamés, livre que je ne connaissais pas du tout. J’ai lu en diagonale le résumé, et voilà que le livre était acheté. L’autrice étant arrivée à son stand quelques minutes plus tard,  je suis allée réclamer une dédicace. De là, Silène Edgar me demande ma profession pour savoir si je serais une Utile ou Inutile dans son roman. La question n’a pas trouvé de réponse et je ne l’ai pas vraiment. Peut-être une classe un ? J’ai plus l’idée de ce que j’ai envie d’être.
Je lui dis que je ne lirai pas le livre de suite, étant donné que j’en avais déjà un en cours, que je lis super, super lentement, et que j’en ai des centaines chez moi qui m’attendent patiemment. Après ça, je finis très vite mon roman en cours et je me lance dans Les affamés, ma curiosité ayant remporté son concours avec ma longue PAL. Et puis, je savais que je revoyais l’autrice aux Imaginales deux semaines plus tard, je voulais donc en parler avec elle.


Ma chronique :

Quand j’ai commencé Les affamés, j’ai remarqué qu’il y avait quelque chose de différent par rapport à tous les autres livres que j’avais lu. J’ai cherché durant deux ou trois chapitres afin de comprendre ce que c’était. Quand j’ai enfin compris, j’étais vraiment étonnée. C’était inédit pour moi. Dans sa façon d’écrire, dans la façon dont Silène Edgar présente Charles, le personnage principal, ou plutôt dans la façon dont elle nous fait vivre son histoire, elle casse ce quatrième mur qu’on a l’habitude de voir dans les films. Sauf que là, c’est dans un livre qui est écrit à la troisième personne. L’impression qui en ressort est que c’est une écriture à la première personne. Je ne sais pas du tout comment ça s’appelle pour un livre, je ne sais pas du tout si ça existe déjà, en tout cas elle l’a fait et elle a réussi.
On trouve cette cassation dès les premières lignes, quand Charles est sûr de lui : il montre sa présence, sa prestance et son charisme. Puis, au fur et à mesure que l’histoire avance, on est plus dans un style que je qualifierais d’habituel. On y remarque le manque de confiance de Charles ; il est en retrait total, son assurance se désagrège, son monde s’évanouit, sa vie s’effondre. À un moment, on le retrouve avec sa façon subtile de s’adresser à nous. Mais juste un peu, pour croire… Je me suis vue à plusieurs reprises à chercher ces moments dans le livre, étant presque en manque. J’avais beau avoir mis du temps à m’y habituer, je n’en étais aucunement dérangée car j’ai trouvé que c’était intéressant et intelligent. Et tout était devenu fluide.
Il y a un autre élément qu’on remarque immédiatement et que j’ai beaucoup aimé. À une époque, presque tous les romans qui sortaient avaient un titre pour chaque chapitre. Ils étaient lourds et un peu contraignants, comme si certains auteurs s’obligeaient à en mettre même si ça n’avait aucune utilité. Puis, c’est passé de mode et les titres ont été rémplacés par les numéros. Ici, l’autrice revient à l’ancienne méthode. Des titres à chaque chapitre. Mais pas des mots lançés à la va-vite, parfois même des phrases. Ils réprésentent bien ce qui suit et ce sont tous des éléments clefs de l’histoire. Il est important de les prendre en compte pendant la lecture, car ils apportent à chaque fois quelque chose en plus. Je trouve que c’est souvent une satire à la politique en cours dans le roman.

Les affamés, pourquoi Les affamés ? Depuis que j’ai fini le livre, cette question me turlupine. Même si la réponse est assez évidente, elle reste suffisamment complexe pour que je me la pose un moment. Je vois à la fois aucune, mais aussi beaucoup de raisons de choisir ce titre. Pour ce qui est d’aucune raison, ce serait de prendre le titre pour ce qu’il est vraiment : les gens ne mangent pas assez. À contrario, pour beaucoup de raisons on peut comprendre que les gens sont des affamés car certains profitent énormément des avantages de leurs classes : ils en veulent toujours plus. Plus de nourriture, de vêtements, d’alcools, de cigarettes, de fêtes, de mondanités, de ragots, de technologies, etc. C’est un contraste où l’idée de faim est la même des deux côtés mais avec des priorités et des besoins différents.
Les affamés, c’est aussi une faim de pouvoir. Cela, on le retrouve dans l’image de couverture. L’homme sur celle-ci a sur la bouche un ruban rouge, signe que le pouvoir, les politiques, l’empêchent de parler. Lui bloque sa voix. Il est muselé. Il me plaît de me dire que le ruban était blanc avant, à une époque plus sereine, juste après la révolution verte. Maintenant il est rouge, mais surtout sanglant, symbole d’une souffrance supplémentaire. Le personnage n’a aussi pas d’yeux. Est-il vraiment aveugle ou est-ce plutôt une métaphore liée à ce ruban rouge. Les riches sont aveugles à la pauvreté qui les entoure, grâce ou plutôt à cause de la politique en cours.
Bien sûr, je ne me suis pas fait ces réflexions avant d’avoir lu le livre. C’est une des choses que je préfère dans la lecture d’un roman : découvrir la signification cachée d’un titre et d’une couverture. Pour moi, c’est comme ça qu’une couverture est réussie, elle n’est pas nunuche et inutile, elle est recherchée et travaillée. Elle n’est plus juste là pour faire jolie mais elle a elle aussi son travail à faire dans l’histoire. Et pour le coup, elle est vraiment Utile.

Et justement, cette couverture avec ce ruban sanglant et ce bas de page déchiré amène à l’histoire principale du livre : la politique, la censure. En effet, on suit le personnage principal dans sa vie monotone d’Utile classe 5, la plus haute caste de cette société. Il est écrivain, le numéro 1 en France. Cependant, Charles écrit des livres qui ne correspondent pas aux attentes des politiques, ses personnages sont trop drogués, alcoolisés et/ou encore accros au sexe ; ils adorent les clopes et la malbouffe. Alors on lui demande d’adapter son prochain roman qui doit être parfait et qui doit strictement suivre les Lois de la Santé. Sans quoi Charles se verra déclassé et perdra tous ses crédits illimités. Tout simplement, il perdra sa vie telle qu’il la connaît depuis des années. D’affamé d’alcool et de clopes, il passera a affamé de nourriture.
Ce livre est un livre politique qui n’est pas si facile à lire. C’est un roman vraiment complet qu’il faut prendre le temps de décortiquer. Je ne le conseillerai pas à tout le monde. Lisez-le car il est super intéressant ! Il m’a apporté des réflexions différentes de d’habitude. J’ai tellement de choses à en dire, trop même que ça pourrait durer des heures. Moi qui déteste la politique de nos jours, j’adore celle des dystopies. Et celle-ci… Idéale pour une dystopie. Elle est belle, parfaite, mais on sait très bien que ça cloche. Mais on y croit, merci Charles pour ça.
Les différents personnages nous apportent des points de vus complémentaires et opposés à la politique du récit. C’est une politique qu’on peut comparer à un arbre. Le tronc c’est la Loi de la Santé, simple et efficace. Mais des branches et des feuilles poussent de partout, et pas de la bonne manière pour le gouvernement. J’aime la façon dont c’est montré dans le roman. On en voit que des petites pousses par-ci par-là quand Charles croise la route d’autres personnages. C’est évident car c’est sous nos yeux. Mais on est aveuglé par les pensées de l’écrivain et son je-m’en-foutisme d’origine. Et quand tout prend son sens, qu’on observe vraiment la complexité du monde, le livre est fini…

C’est une histoire où on peut espérer avoir plus en tant que lecteur. Nous sommes nous aussi devenus des affamés avec un livre qui aurait pu faire facilement 200 pages de plus. Il y a tellement matière à donner. Il y a tellement matière à utiliser ! Le monde, la politique (j’aurais adoré en savoir plus sur la politique d’après la révolution verte, elle paraît tellement idyllique), les engagements, les personnages. Surtout les personnages. L’autrice s’est concentrée sur Charles ; si elle l’avait voulue, elle aurait pu en écrire plus sur  Milo, Vincent, Gilles, Salomé, Élias, Lebraz, et Hugues. Le fait de se concentrer uniquement sur Charles est un choix de qualité sur l’ensemble de son roman, choix très juditieux pour l’ensemble des sentiments qu’elle a voulue que le lecteur. Je l’ai adoré puis il m’a carrément énervé. Mais je l’ai suivi de A à Z dans ses choix et son chemin. Je me retiens tout de même de lui dire que c’est une belle tête à claque toujours indécise. Mais en même temps, je ferais pas mieux que lui si j’étais à sa place.

Ma plus grande réflexion sur ce roman est celle-ci : est-ce que tout ce livre n’est pas écrit pour cette fin et non pas pour l’histoire en elle-même ? Pour que les lecteurs soient comme les chroniqueurs de la radio et qu’ils soient tous divisés et en désaccords ? Pour qu’on ait tous un avis différent sur le personnage et le monde ? Y a-t-il une prise de conscience à avoir sur notre propre monde ?
Toute l’histoire pour le Final. Il est à l’imagination du lecteur, comme beaucoup de choses du livre. Mais surtout quel est ce lien caché entre le Texte avec un grand T et l’histoire ? Et qu’est-ce que j’ai envie de lire ce Texte, il doit être incroyable !

Ce roman est riche en éléments et c’est certainement un livre qui se découvre entièrement en plusieurs lectures. Malheureusement pour moi, je n’aime pas relire des livres, et dans ce cas précis ça me désole car je sens que je rate beaucoup de choses. Mais si l’autrice décide un jour de ré-écrire dans cette univers, je serais présente sur le champs !


Des qualificatifs ? Politique. Réflexion et prise de conscience.

La route de Cormac McCarthy

Titre : La Route

Auteur : Cormac McCarthy

Langue : Français – Langue originale : Anglais (États-Unis)

Format : Papier – Lu en poche

Publié le 20 Mai 2009 chez « Points »

ISBN  : 978-2757811610 ; Prix : 6€90 ; Nombre de pages : 256

Photo de couverture de Marion Ettlinger pour l’affiche du film « Dimension Film »

Lectorat : Adultes

Genre : Roman – Science-fiction/Post-apocalyptique

Tome unique

Page du livre sur le site de l’éditeur ICI


Citation :

« (…) Il chuchotait : Papa ? Qu’est-ce qu’il lui est arrivé ?
Il a été foudroyé.
On ne peut pas l’aider ? Papa ?
Non. On ne peut pas.
Le petit le tirait par sa veste : Papa ? disait-il.
Arrête ça.
On ne peut pas l’aider ?
Non. On ne peut pas l’aider. Il n’y a plus rien à faire pour lui.
Ils continuaient. Le petit pleurait. Il n’arrêtait pas de se retourner. Quand ils arrivèrent en bas de la côte l’homme s’arrêta et le regarda et regarda la route derrière eux. Le brûlé était tombé à la renverse et de loin on ne pouvait même pas dire ce que c’était. Je regrette, dit-il. Mais on n’a rien à lui donner. On n’a aucun moyen de l’aider. Je suis désolé de ce qui lui est arrivé mais on ne peut rien y changer. Tu le sais, hein ? Le petit gardait les yeux baissés. Il opina de la tête. Puis ils repartirent. Il ne se retournait plus. »

– Pages 50-51


Résumé de l’éditeur :

« L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres et de cadavres. Parmi les survivants, un père et son fils errent sur une route, poussant un Caddie rempli d’objets hétéroclites. Dans la pluie, la neige et le froid, ils avancent vers les côtes du Sud, la peur au ventre : des hordes de sauvages cannibales terrorisent ce qui reste de l’humanité. Survivront-ils à leur voyage ? »


Petit mot avant-garde :

Si vous voulez être bluffés, si vous en avez assez de ces romans qui ne vous satisfont pas, ou tout simplement si vous voulez autre chose, lisez ce roman !


Ma chronique :

Je suis là aujourd’hui pour vous parler du livre La Route de Cormac McCarthy. Ça ne va pas être une mince affaire. Je ne sais pas si je vais pouvoir vous transmettre toutes les émotions que j’ai ressenties en le lisant. Pour tout vous dire, je ne sais même pas si je vais pouvoir trouver les mots. Mais je vais essayer.

Quand vous vous plongez dans La Route, vous ne vous attendez pas du tout à ce genre de lecture. Vous êtes remplis de préjugés. Pas sur ce que pourrait être l’histoire – bien que l’on essaye toujours, même sans le vouloir, d’imaginer ce qui peut se passer – mais sur le format du texte lui-même. Pour nous lecteurs, quand nous commençons un livre, nous nous attendons à avoir des chapitres, des virgules, peu de répétitions. Quelque chose de bien structuré et dans les normes. Je vous dirais bien « Non, pas moi, je sais très bien que chaque auteur à son style et qu’un livre peut être différent des autres. » Et je ne suis sûrement pas la seule à vouloir dire ce genre de chose. Mais croyez-moi, même si nous savons qu’un livre peut être différent, même si nous savons que chaque auteur à son propre style, je vous promet que nous ne nous attendons pas du tout à celui de Cormac McCarthy ! Cet auteur casse tous les préjugés que vous pouvez avoir. Il ne se joue pas de vous comme feraient certains. Il utilise sa plume pour vous transporter dans son histoire, pour vous faire ressentir un maximum de chose. Cet auteur a un don incroyable !
Dans ce livre, il n’y a pas de chapitres, que des paragraphes, pas de pages blanches, pas de nom. Peu de virgules, des « et » partout et des répétitions à foison, pas d’introduction, un épilogue qu’il faut éplucher pour le comprendre – bien qu’il ne soit pas un épilogue -, beaucoup de phrases nominales. Pas de guillemets ni de tirets ni de retours à la lignes pour les dialogues, certains étant écrits en plein milieu des descriptions. J’en suis venue à me demander, si ce sont vraiment des dialogues, mais parfois plus des monologues. Le personnage principal pensent-ils qu’il parle vraiment ou parle-il vraiment ? L’impression est donnée qu’il parle à voix haute alors que les mots ne sortent pas forcément de sa bouche. Le contraste entre ce qui est vraiment dit en discussion et ce que le héros pense dire est très subtil. Ça s’ajoute à l’univers pesant et à la profondeur des personnages. Et ça démontre la qualité d’écriture de l’auteur.
Dans ce livre, il y a de la souffrance, de l’amertume, de la tristesse et du malheur. Des moments précieux de joie, de bonheur et des sourires. Englobés dans un condensé de malaises, de tension, de fatigue et de larmes.
En lisant ce livre, vous coupez votre respiration. Vous suffoquez. Vous vous mordez les lèvres à vous en faire mal. Vous stressez. Vous pleurez. Vous souriez, un peu. Vous profitez de chaque rare moment de bonheur. Pour ensuite vous mettre dans un état d’angoisse qui vous prend à la gorge.

Mais alors, que vaut l’histoire. Est-elle comme le style de l’auteur ? Toute aussi originale et cassante de préjugés ? Et bien elle est toute simple… en premier lieu : un père et un fils – qui ont survécu à l’apocalypse – vont marcher vers le sud afin d’échapper au froid du nord qui devient de plus en plus glacial en poussant un caddie. Alors oui, dans cette histoire, vous suivez un père et un fils qui marchent en poussant un caddie. Mais c’est bien plus profond que ça. Cette histoire de marche est là pour faire avancer les choses. C’est grâce à elle et au caddie que vous allez découvrir les personnages, ce qu’ils sont au fond de leur coeur, au fond d’eux, ce qui les définissent. C’est grâce à eux que vous allez vous y attacher. Sans eux, qui font office de décors, il n’y aurait pas de vie dans ce récit, pas d’attaches. Sans cette histoire de voyage, les personnages ne sont rien. Parce que c’est ce voyage qui a déterminé leur caractère.
Ces deux personnages sont tout ce que j’aimerais être s’il y avait une apocalypse de ce genre. Des personnes aimantes, courageuses, avec une envie de survivre extrêmement forte et un amour père/fils à couper le souffle. Mais cet amour ne devra en aucun cas être divisé par qui que ce soit. Il sera protégé à en mourir.
J’allais vous dire que certaines scènes sont très violentes dans le livre. Mais ce n’est pas de la violence telle que nous l’entendons dans le sens classique du terme. Ce sont des scènes qui sont tellement malaisantes que vous les ressentez de façon violente. Je me suis vraiment sentie très mal à l’aise après avoir lu certains passages. J’en retiens notamment un qui m’a fait pleurer et qui m’a donné mal au ventre. (Et j’ai très mal dormi la nuit suivante.) À savoir qu’il n’y a pas que la scène en elle-même qui m’a rendue si mal, c’est aussi le style d’écriture de l’auteur et l’ambiance ultra pesante qu’il a réussi à maintenir durant tout le long de son récit. Sans cette ambiance, si bien amenée, si bien installée et constamment présente, le livre aurait peu d’intérêt. Il faut dire que le paysage monotone, terne et oppressant ajoute à tout ce malaise une pointe de trouble supplémentaire.

Ce roman n’est pas un coup de coeur. Ce roman, c’est plus que ça ! J’en ai pris plein la tête ! Ce roman est un chef d’oeuvre. L’auteur a un don, tout simplement.


Des qualificatifs ? Malaisant, percutant, parfait.

Reviviscences de Maxime Morin et Anthony Lipari

Titre : Reviviscences

Auteur :  Maxime Morin ; Photographe : Anthony Lipari

Langue : Français – Langue originale : Français

Format : Papier – 166 pages

Publié le 15 Mai 2018 chez « Underground éditions »

ISBN  : 979-10-92387-74-2 ; Prix : 23€90

Couverture de Anthony Lipari

Lectorat : À partir de l’adolescent

Genre : Livre photo-texte – Biographie

Tome unique

Page internet de l’éditeur ICI


Extrait :

« Il n’y aura jamais de Nous. Lui est resté Il, tandis que Je n’est plus rien. Il y a eu un On le temps d’un soir. Tout juste m’a-t-il dit Tu. Pour moi, il avait l’image d’un Vous, et pourtant, celui-ci ne s’est révélé qu’un Ils.
Je ne suis même plus un Elle. Je suis un pronom impersonnel, une voix passive qui subit l’action. La passé est devenu un présent sans futur, j’étais un singulier imparfait, devenu pluriel à cause d’un faute d’accord. Une erreur de syntaxe. […] Je suis perdue, guère d’impératif, ma vie se conjugue désormais au conditionnel. Il n’y aura jamais de plus-que-parfait, la souffrance est mon nouvel indicatif. Et le désespoir mon attribut. »
Chapitre 10 : Mise en abîme ; Pages 50-51.

J’ai choisi cette citation parce que c’est la première que j’ai gardé dans un coin de ma tête. J’ai adoré la lire et je la relirais encore et encore.


Résumé de l’éditeur :

« Mon corps vit ses derniers instants, quand mon âme se remémore cette destinée hors du commun. Yeux fermés, sourire aux lèvres, j’ouvre mon esprit, et me laisse bercer de ces instants inoubliables.
Reviviscences tout autour de moi, je dois affronter des décisions qui ont bouleversé mon existence comme les mentalités. Des instants de joie aux grandes souffrances, éprouvés avec l’innocence de l’enfance. Dans l’attente du jugement.

Un livre photo-texte né d’une collaboration photographe auteur. Une multiplicité de genres littéraires mises en valeur par des photographies aux compositions singulières, incarnations de ces moments qui comptent. Le subtil équilibre du lisible-visible, qui vous désignera comme le témoin unique d’une personnalité en avance sur le temps comme sur la vie.« 


Petit mot avant-garde :

J’ai hésité à vous faire une chronique du genre : « Est-ce qu’il y a vraiment besoin de faire une chronique ? Ce livre est une pépite. Lisez-le ! ». Franchement, je n’ai pas forcément besoin d’en dire plus ^^. Alors, merci, du fond du coeur, aux éditions Underground pour cette merveille que vous m’avez offerte ! ❤


Ma chronique :

Biographie, poésie, théâtre, contemporain, romance, fantastique, fantasy, conte, horreur, suspense, angoisse, guerre, historique, je ne crois pas en avoir oublié, ils sont tous là. Ce livre est un assemblage de genres, de mots, de moments qui entourent toute une vie. Ce livre va vous pousser dans vos retranchements pour vous en faire sortir plus fort, plus grand. Ce livre va vous faire découvrir et aimer des choses que vous n’imagineriez même pas accepter. Ce livre n’est pas un livre, mais une présence dont vous ne vous lasserez pas.

« Magnifique », « Super fort en émotion », « Brio », « Encore une fois, c’est parfait », « Une prouesse » ! Ce sont tous les superlatifs que j’ai noté quand j’ai lu les pages du roman. Ceux-ci ne concernent pas en premier lieu l’histoire, mais bien le style d’écriture. J’ai été bluffée, durant tout le long du livre, par la plume que je pouvais lire et de l’aisance avec laquelle l’auteur en faisait ceux qu’il voulait. Il peut utiliser n’importe quel genre littéraire, il va savoir écrire de manière époustouflante et va vous transmettre toutes les émotions qu’il veut.
Sa plume est délicate même dans les actions les plus étouffantes. Elle reste fluide malgré les répétitions (qui sont toutes voulues). Elle permet une immersion totale. Je suis Moi ? Je suis Elle ? Je suis Elle et Moi ? Ou Moi et Elle ? Je suis qui pour juger ! Je suis qui pour prendre part au récit ! Je suis la correspondante ; elle le souhaite, elle veut que je le sois. Je suis l’attentionnée héritière de son histoire. Quand l’héroïne en racontait certains épisodes, j’étais Elle. Quand elle m’a parlé à la fin, j’étais l’enfant pendant quelques secondes, pour redevenir correspondante. Je me suis vue en elle. On peut tous s’y retrouver. On a tous vécu, ou on vivra tous, une partie de son histoire. Je ne lui donne pas de nom, tout simplement parce qu’elle n’en a pas. Une idée de génie qui fait que l’on se met à sa place sans même s’en rendre compte. On s’identifie au personnage, de façon subtile, pour en sortir et lui en vouloir quand elle prend des décisions qui ne nous plaisent pas. Et là, on réagit. Que penserai-je si j’étais à sa place ? Sûrement la même chose, que ça me plaise ou non. Et on reprend notre immersion. L’auteur se sert de vos sentiments pour vous imprégner d’Elle, afin que vous ne l’oubliez jamais.
Le mélange de genres ne vous paraît pas incohérent à l’histoire, l’auteur les utilise afin de vous immerger dans le récit d’une façon différente à chaque fois. Le contemporain, qui définit principalement la plume de l’auteur, va vous permettre de lire librement. Les mots vont glisser, les phrases vont s’additionner, et vous allez vite vous retrouver aux côtés de l’héroïne. Afin de la suivre dans son histoire, un style légèrement différent va parfois être ajouté au contemporain. Vous allez trouver des chapitres complets avec des figures de style changeantes, comme dans la citation énoncée plus haut ; ou encore comme dans le chapitre 19 : Pierre qui roule n’amasse pas mousse qui est garnie d’expressions que nous connaissons par coeur : « Oui je vivais de passion. Un coup de foudre qui nous avait pris tous les deux, Lui et moi, nous faisant voir la vie en rose. L’erreur est humaine dîtes-vous ? Non, il suffit de voir les choses en grand. L’espoir fait vivre, qui ne tente rien n’a rien, qui vivra verra. Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, la peur nous donnait des ailes, et nous avions faim de bonheur, les yeux plus gros que le ventre. Nécessité fait loi. Mieux vaut tard que jamais. » (p.90) ; ou encore d’autres choses et d’autres encore, que vous remarquerez au fil de vos lectures et qui vous apporteront un enseignement bien meilleur que celui que l’on nous donne en cours de français ou de philosophie. À cela vont s’ajouter un chapitre dont le genre sera le théâtre et un autre qui sera la poésie. Le premier m’a apporté un décors, des mouvements de lèvres, des haussements d’épaules, des exaspérations, des pas, des soupirs… Je voyais très bien la scène devant moi, c’était comme si j’étais dans un théâtre à regarder la pièce. Là, je me suis imaginée Elle : son visage, ses yeux, sa taille, ses cheveux, sa carrure. Pour le second, je suis nulle archi nulle en poésie ! Mais j’en ai très bien compris le sens principal ainsi que certains sens cachés. Et j’en ai raté, c’est sûr ! Mais c’était vraiment bien fait. Ce livre qui est une biographie va vous enseigner l’histoire : la seconde guerre mondiale, la politique, le mouvement hippie, comment il prend fin, et surtout la guerre du Vietnam. Vous ressortez avec une nouvelle connaissance que vous pouvez très bien utiliser aujourd’hui.
J’ai eu trois coups de coeur dans le livre, chacun correspondant à un chapitre. Le premier est consacré au chapitre 18 : Conte de fées. Il nous transcrit toute une période de l’héroïne sous forme de conte, de la fantasy pur. En plus d’être émouvant, vous y trouverez un château, une princesse, un chevalier, des dragons (ça ne peut pas être autrement), du romantisme, et une très belle morale. Ce chapitre est fait pour vous faire rêver. Le deuxième coup de coeur est celui qui a reçu le « Une prouesse ». Je ne donnerai pas le titre vu que je risque de vous gâcher la surprise. Mais il s’agit d’un cauchemar, tellement bien écrit que je ne me suis demandée qu’à la fin si c’était réel ou non. Je ne l’ai absolument pas vu venir. Et le troisième est dédié à l’épilogue, qui a tout simplement fait tomber mes toutes premières larmes pour un livre.
Les chapitres sont très courts et les pages se tournent très vite. Mais vous verrez, vous ralentirez votre lecture pour profiter entre un peu de la plume de l’auteur.

Je ne vais pas vous faire de partie spécialement dédiée à l’histoire. Je vous en ai dit beaucoup précédemment et vous en dire plus serait trop en dire. Et le résumé de l’éditeur est vraiment parfait. Je vous le remets ici :
« Mon corps vit ses derniers instants, quand mon âme se remémore cette destinée hors du commun. Yeux fermés, sourire aux lèvres, j’ouvre mon esprit, et me laisse bercer de ces instants inoubliables.
Reviviscences tout autour de moi, je dois affronter des décisions qui ont bouleversé mon existence comme les mentalités. Des instants de joie aux grandes souffrances, éprouvés avec l’innocence de l’enfance. Dans l’attente du jugement. »

Il y a un dernier point vraiment très important dans le livre. Un point sans lequel il n’aurait pu exister : les photographies.
Les photographies sont complémentaires à l’histoire. Les photographies font parties de l’histoire. Que vous les voyez comme les photos prises par le photographe, ou comme celles prises par l’héroïne, ou encore celles prises par vous-même quand vous être à Sa place, elles sont faites pour vous conter le récit. Elles sont présentes à chaque début de chapitres, mais elles vont avoir un double effet. Vous allez les regarder en lisant le titre du chapitre, et de nouveau en arrivant à la fin du passage. Vous allez y retourner afin de voir ce que vous avez raté, d’analyser l’image par rapport au récit que vous venez de lire. Le récit va éclairer l’analyse de la photo tout comme la photo va compléter le récit. L’un ne pouvant pas vivre sans l’autre.
J’ai remarqué des grains sur les photos qui m’ont d’abord rebutés. Mais au fur et à mesure de ma lecture, j’ai trouvé ça vraiment intéressant. Déjà parce que ça leurs donne un côté ancien temps, comme si elles avaient été imprimé à l’ancienne via les premières pellicules, ce que fait notre héroïne. Ensuite, ça m’a fait penser au bruit blanc, ce bruit significatif des vieilles télévisions cathodiques quand elles ne captaient pas et que vous aviez une image faite de points blancs et noirs avec ce bruit assourdissant. Le bruit blanc correspond parfaitement l’état mental de l’héroïne. Il va être très prononcé quand elle sera fâchée, triste, et moins présent quand elle sera heureuse. Mais il est constamment là. Tout comme tout ce qui lui pèse sur le coeur. Elle ne peut s’en débarrasser. Le fait que ces grains soient présents sur les images corrobore cette sensation de poids sur l’esprit.
Il y a une deuxième chose que l’on ne peut s’empêcher de remarquer : toutes les photos (hormis deux) ne représentent que des enfants. Je ne peux que faire le lien avec l’enfance de l’héroïne qui s’est arrêtée bien trop tôt. Cela se retrouve dans le récit, Elle ne prenant que des photos d’enfants. Elle a besoin de se voir à travers eux. Elle a besoin de leurs tristesses et de leurs joies. Elle a besoin d’eux.
Ma photo préféré est celle de la couverture (je ne vous dirais pas de quel chapitre elle est tirée, sans quoi, vous en saurez trop). Sur cette image, on aperçoit un enfant et un adulte devant un simple et magnifique paysage. Ce que j’aime, c’est que l’on ne sait pas ce que fait l’enfant. S’énerve-t-il contre l’homme ? S’accroche-t-il à son pantalon ? S’approche-t-il de lui afin de l’enlacer ? Joue-t-il ? Une multitude de questions qui représentent à la perfection le chapitre.
Les photos et le récit ne font qu’un.

J’arrive à la fin de ma chronique et je crois qu’il ne me reste que très peu de choses à vous dire. Je me suis demandé tout le long de ma lecture « Mais pourquoi les éditions Underground ont-elles décidé de publier ce livre ? Ça ne correspond pas à de la littérature de l’imaginaire, alors pourquoi ? ». Et la réponse est simple. Quand on a un coup de coeur, on a un coup de coeur. Et puis, Underground publie de la littérature alternative, et ce livre en est à cent pour cent.


Des qualificatifs ? Si fort en émotions !

Demain j’arrête de Gilles Legardinier

Titre : Demain j’arrête

Auteur :  Gilles Legardinier ; Lectrice : Ingrid Donnadieu

Langue : Français – Langue originale : Français

Format : Audio – Durée : 8h50

Publié le 22 Janvier 2014 chez « Audiolib » ; Publication originale le 10 Novembre 2011 chez « Fleuve Noir »

ISBN  : 978-2-35641-703-9 ; Prix : 20€90 pour le format physique (1 CD MP3 de 608 Mo)

Couverture de « Belle Mécanique »

Lectorat : À partir de l’adolescent

Genre : Roman – Comédie

Tome unique

Page internet de l’éditeur ICI


Extrait :

Vous pouvez écouter l’extrait ICI.


Résumé de l’éditeur :

« Et vous, quel est le truc le plus stupide que vous ayez jamais fait ? Comme tout le monde, Julie en a fait beaucoup. Elle pourrait raconter la fois où elle a enfilé un pull en dévalant des escaliers, celle où elle a tenté de réparer une prise électrique en tenant les fils entre ses dents, ou encore son obsession pour le nouveau voisin qu’elle n’a pourtant jamais vu – obsession qui lui a valu de se coincer la main dans sa boîte aux lettres en espionnant un mystérieux courrier…
Mais tout cela n’est rien, absolument rien, à côté des choses insensées qu’elle va tenter pour approcher cet homme dont elle veut désormais percer le secret. Poussée par une inventivité débridée, à la fois intriguée et attirée par cet inconnu à côté duquel elle vit mais dont elle ignore tout, Julie va prendre des risques toujours plus délirants.

Remerciements lus par l’auteur – Suivi d’un entretien avec l’auteur »

Vous pouvez écouter le résumé ICI.


Petit mot avant-garde :

Demain j’arrête est le tout premier livre du genre sur lequel je me penche. Je ne lis jamais de romance, ni de livres contemporains et encore moins de livres qui parlent juste de la vie de tous les jours. Les audios m’apportent les manques que j’ai en littérature ; c’est une façon pour moi de lire les genres que je ne lis pas habituellement. Et ce fut une merveilleuse découverte. J’ai su apprécié le roman que l’on m’a lu d’une façon très agréable et posée.


Ma chronique :

J’ai découvert les livres audios avec VDB éditions et les romans de Sire Cédric, dont les deux sont juste fameux. Ensuite, j’ai testé le premier tome d’Harry Potter de J.K. Rowling publié chez Gallimard qui m’a vraiment hyper déçue. Cette édition audio est vraiment désagréable à écouter, le lecteur n’articule pas, la lecture est sans vie et ce fut un coup dans le cœur d’entendre cette version de ma série fétiche. J’ai longtemps hésité avant de tenter les éditions Audiolib, suite à l’échec précédent. Mais ayant tellement entendu parler de Gilles Legardinier et de ses romans que tout le monde adore et attend, que j’ai fini par tenter le coup. Et quoi dire de plus que « Coup de cœur ! ».

Le livre audio, bien que ce soit toujours l’auteur qui imagine puis écrit les livres, est pour moi avant tout une – ou plusieurs – voix. Si la voix ne colle pas aux personnages, si le livre est mal lu, trop vite ou pas assez, ça ne peut pas marcher. Et ça peut vite vous dérouter et vous empêcher de lire la suite sur un autre support. Il ne faut donc pas se rater. La lectrice de Demain j’arrête a une voix qui colle parfaitement à l’histoire et à l’âge de l’héroïne du roman. Elle articule, prend le temps de prononcer chaque phrase avec l’intonation qu’il faut et fait vraiment vivre le récit. Contrairement à VDB éditions,  j’ai été étonnée qu’Audiolib n’utilise qu’un seul lecteur (ce qui est le cas pour ce livre, mais pas forcément pour d’autre que j’ai écouté depuis). J’avais peur que cela me dérange, mais finalement, la lectrice joue tellement bien le jeu des voix différentes que je m’y suis très vite habituée et j’ai même appris à reconnaître les autres personnages quand c’était eux qui s’exclamaient. Là où je sais que le pari est réussi pour la maison d’édition, c’est que j’ai vécu l’histoire à fond, autant que si je lisais un livre. J’étais vraiment prise dans le récit, que ce soit dans la voiture, à la maison, ou à la piscine, je m’esclaffais quand j’entendais une phrase drôle, je criais quand je n’étais pas contente, j’ai même éclaté de rire en plein milieu de la rue. À la façon dont la lectrice prononçait ses mots, je faisais des grimaces, et je n’étais pas contente, comme elle !
Et ça, c’est un point important : « je n’étais pas contente, comme elle ! ». Mais elle qui ? La lectrice, vraiment ? Ou l’héroïne ? Ou bien les deux… Parce que oui, la lectrice et l’héroïne ne forment plus qu’un ! C’est comme quand vous lisez un lire que vous adorez et que vous vous identifiez au personnage principal. Vous êtes le héros. Ici, le génie est d’avoir réussi à faire se superposer deux personnes différentes. Donc bravo à l’auteur (oui, un peu quand même, il l’a inventé ce personnage ^^), et bravo à la lectrice et à Audiolib pour leur travail.

Mais tout cela ne s’est pas produit uniquement grâce à la lectrice ou au travail qu’a produit Audiolib, mais aussi grâce à l’histoire et donc à l’auteur. Gilles Legardinier nous conte la vie de tous les jours. Ça pourrait être n’importe qui à la place de Julie, vous comme moi. Et je suis presque sûre que l’on serait tous intrigué par le nom de famille « Patratas », on se ferait autant de films que la jeune femme, moi la première ! Et puis, qui n’a pas pensé au moins une fois dans sa vie à changer de boulot parce qu’il en avait assez de cette journée banale et ennuyante à souhait ? Les chats sont-ils vraiment des extra-terrestres venus sur Terre pour nous étudier ? Et qu’est-on capable de faire pour prouver à un homme qu’on ne veut pas le perdre… Je pense que vous cernez à présent assez bien le personnage principal et le ton de l’histoire. C’était la première fois que je lisais/écoutais un livre du genre et j’ai d’abord été très étonnée d’accrocher autant. Je ne me rendais pas compte du temps que je passais à écouter le roman. Les heures défilées sans que je ne fasse rien d’autre. Et je passais mon temps à rire. Car oui, l’histoire est très drôle, et légère. Il y a bien sûr des parties qui m’ont rendues triste et inquiète, mais c’est juste ce qu’il faut pour ne pas couper à l’ambiance tendre du roman.

Je n’ai pas tellement envie de vous en dire plus sur l’histoire, de peur de trop en dévoiler. Je vous conseille juste de la découvrir vous même. Depuis que j’ai écouté ce roman, c’est un cadeau que j’ai fais à beaucoup de personnes, et elles l’ont toutes adorés !
Alors que vous souhaitez le lire ou l’écouter, n’hésitez pas. Si vous n’osez pas lire l’auteur ou que vous avez peur de ne pas aimer le genre, écoutez-le. Si vous êtes curieux et que vous voulez savoir pourquoi tout le monde aime tant cet auteur, écoutez-le. Et si vous ne connaissez pas les livres audios, que vous avez envie de vous y plonger, ce livre est parfait pour une première fois. Il rentre parfaitement dans la catégorie : livre à lire en mode « cocooning ».


Des qualificatifs ? Tendre, léger, drôle